Julien Broquet
Julien Broquet Journaliste musique et télé

Au terme de ses interviews, Joan Wasser questionne les journalistes avec un petit caméscope. Nous l’avons prise à son propre jeu en la mettant sur la sellette.

Possédez-vous un casier judiciaire?

Je pense qu’il me reste un excès de vitesse sur les bras. Les faits doivent remonter à trois ans mais il en faut cinq aux Etats-Unis pour que ce genre d’infractions disparaissent des tablettes.

Où étiez-vous depuis la sortie de votre premier album?

J’ai tourné et j’en ai profité pour écrire de nouvelles chansons. J’ai ensuite mis trois mois à enregistrer To Survive, mon deuxième disque, à Brooklyn. Avec Brice Goggin au Trout studio.

J’imagine qu’il peut le confirmer… Vous connaissez Rufus Wainwright?

Oui.

Où l’avez-vous vu pour la dernière fois?

Nous avons donné un concert ensemble à New York. Dans une église du Lower East Side. Rufus a eu une idée géniale: les Black Out Sundays. Des petits sets acoustiques proposés dans des conditions rudimentaires. Sans électricité, à la lumière des bougies. Sa s£ur, Martha, et Beth Orton peuvent en témoigner.

Quelles relations entretenez-vous avec Rufus et comment l’avez-vous rencontré?

Il a participé à mon dernier album. Je lui ai écrit une chanson. Elle parle de ma maman qui est décédée du cancer l’an dernier. C’est aussi une métaphore. Les Etats-Unis sont un peu comme notre mère à tous. Et les Etats-Unis sont malades. J’espère qu’ils s’en remettront. Je ne sais plus vraiment comment nous nous sommes connus.

N’essayez pas de nous mener en bateau…

Nous nous sommes croisés dans des soirées. Mais nous avons vraiment fait connaissance quand il m’a proposé de bosser avec lui.

Avec quelles armes vous êtes-vous ouvert les portes de l’industrie du disque?

Ma sincérité, mon honnêteté. J’ai toujours essayé de suivre ma voie. De laisser mes chansons s’exprimer sans les formater.

To Survive fait-il écho à une tentative de meurtre?

Non. Pas du tout. C’est une autre chanson liée à ma mère. Quand j’étais petite, elle me mettait au lit et me chantait des berceuses pour balayer mes craintes. Tu apprends en grandissant à gérer tes peurs. Que ce soit en les ignorant, en les acceptant, en y faisant face. Moi, je prends tout à bras-le-corps. Je suis pleine de joie. Je suis quelqu’un d’optimiste.

Reconnaissez-vous avoir volé chez Nina Simone, Dusty Springfield, Chrissie Hynde, Joni Mitchell, Roberta Flag?

Je ne vole jamais.

Vous empruntez?

J’essaie de rester moi-même mais j’aime toutes ces femmes. S’il y a une part d’elles en moi, c’est seulement le reflet de toute l’affection que je leur porte. J’apprécie aussi énormément Neil Young. Ce n’est pas une femme mais presque…

Certaines personnes ont-elles des raisons de vous en vouloir?

Je ne pense pas. Je fais en sorte d’admettre mes erreurs. Ce n’est pas toujours facile. Cela prend parfois du temps. Mais je finis par reconnaître mes torts.

To Survive, chez PIAS. www.joanaspolicewoman.com

JULIEN BROQUET

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