Louis Danvers
Louis Danvers Journaliste cinéma

D’enfer et contre tous – Guillermo Del Toro nous offre le meilleur film de monstres de ces dernières années. Avec un mélange d’humour, d’action et de beauté qui fait mouche!

De Guillermo Del Toro. Avec Ron Perlman, Selma Blair, Doug Jones. 2 h. Sortie 20/10.C’est peut-être le meilleur film de monstres depuis le Batman Returns de Tim Burton en 1992. Hellboy II: The Golden Army a tout pour lui: des personnages mémorables, une action trépidante, des effets spéciaux magnifiques, un humour savoureusement décalé. Avec, en prime, une réelle empathie pour ses monstrueux protagonistes et un £il ouvert sur la beauté des choses. Guillermo Del Toro, qui avait déjà signé, voici 4 ans, le premier film de la série, est aujourd’hui sans doute au sommet de son art. El Laberinto del fauno ( Le Labyrinthe de Pan) est passé par là, bien sûr. Avec ce pur chef-d’£uvre d’imaginaire authentiquement subversif et de noire poésie, le cinéaste mexicain affichait une maturité qui se confirme dans l’évidemment plus léger Hellboy II.

Nous retrouvons avec plaisir Ron Perlman dans le rôle titulaire, celui de cet enfant de Satan appelé par les nazis et recueilli en pleine guerre par un scientifique qui en fera un combattant contre les forces du Mal. Le personnage créé par Mike Mignola dans ses bandes dessinées au milieu des années 90 a bien grandi, et vit dans un centre secret du gouvernement où habitent aussi d’autres créatures fantastiques. Dont sa petite amie, la littéralement flamboyante Liz et l’amphibien Abe Sapien. Quand un seigneur du Mal se met en tête d’attaquer le genre humain avec une puissance in-édite, le héros cornu et à la peau rouge va devoir, c’est sûr, reprendre du service avec éclat, en quittant pour de bon la discrétion que lui imposaient ses « supérieurs », et qui lui pesait fort lourd…

Perlman la joue sarcastique, faisant des gammes réjouissantes sur le thème profond de son personnage. Hellboy n’est ni d’un monde ni d’un autre, il vient de l’enfer et côtoie les humains dans leur lutte. Mais si le premier film s’intéressait aux états d’âme d’un être si différent qu’il est condamné à la solitude, le second élève le débat vers la pure aventure, avec une légèreté d’esprit qui n’exclut aucunement les accents poétiques. Le sens des lieux, des décors et de leur exploration, qu’a toujours possédé Del Toro, s’exprime ici avec une merveilleuse éloquence. Et le mélange d’action et d’humour s’opère idéalement.

Densité artistique

Quel bonheur de suivre les mésaventures de Hellboy et de ses compagnons dans un film aux couleurs du plaisir, où l’absence de gravité n’exclut aucune-ment une exceptionnelle densité artistique. Tel est l’ami Guillermo Del Toro, authentique amoureux du cinéma de genre et créateur brillant de formes aussi personnelles que partageables avec un large public. Un peu comme un certain Quentin Tarantino donc, mais avec un supplément d’âme qui fait espérer du natif de Guadalajara des lendemains plus prometteurs encore. Avec Peter Jackson (47 ans dans quelques jours) et Del Toro (44 ans depuis le 9 octobre), les gros barbus semblent bien partis pour écrire le futur du cinéma populaire…

www.hellboymovie.com

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