Michel Verlinden
Michel Verlinden Journaliste

tous paranos ? – A Paris, la Galerie Motte et Rouart invite une petite dizaine d’artistes à s’exprimer autour du thème de la peur. Suspicion généralisée.

A la Galerie Motte et Rouart, 72, rue Mazarine, à 75006 Paris. Jusqu’au 26/04.e monde occidental a peur. Peur du terrorisme, peur de la maladie, peur de la pauvreté, peur du regard des autres, peur de son ombre. Cette chair de poule généralisée génère une politique sécuritaire qui voudrait nous faire croire que le bonheur c’est la sécurité. Caméras de surveillance et satellites en orbite, ce dispositif génère un monde que n’aurait pas renié George Orwell. La technologie, mercenaire que rien n’arrête, vient fournir les armes – de plus en plus sophistiquées – de cette lutte contre la liberté individuelle doublée d’un contrôle permanent. Internet, par exemple, au contraire de ce que l’on pourrait croire n’est pas qu’un réseau peer to peer, il est également une matrice dans laquelle tous les points sont traçables.

LES MéANDRES DE L’ANGOISSE

Face à cela, le citoyen de base se retrouve traqué et dépourvu. Si le quidam ne peut rien, l’artiste se fait un plaisir de s’inscrire en porte-à-faux de cette situation. Un constat en forme d’évidence qu’il est possible de faire en version concentrée à la galerie parisienne Motte et Rouart à l’occasion d’une exposition intitulée Good Morning Paranoia. Sept plasticiens explorent les méandres de la peur et de la surveillance. Parmi eux, on retiendra tout particulièrement Players, la série glaciale de Cécile Hartmann. Celle-ci figure des gamers compulsifs murés dans des univers polaires, évocation d’une vie apocalyptique totalement cloîtrée. On suffoque presque à la vue de ce qui s’affiche comme une réflexion sur les conditions de vie à l’ère des sociétés globalisées. Dans le genre, on s’enthousiasme également pour le travail de Malachi Farrell, plasticien irlandais vivant à Paris. Inspiré par l’art cinétique, il se fend ici d’une installation nommée TooEarly for Vacation qui représente deux vacanciers figurés par un assemblage de missiles et de roquettes, parfaite allégorie de la guerre que les individus se livrent entre eux même sur une plage. L’homme est une bombe pour l’homme. Toujours prête à lui exploser à la poire.

MICHEL VERLINDEN

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