Tom Barman, bavard compulsif? "(rires) Quand j'étais à l'école, on avait mis une note dans mon journal de classe pour dire à ma mère que "Tom doit se rendre compte qu'il y a d'autres élèves dans la classe". Ma mère en rit encore." Demander à Tom Barman s'il aime parler et disséquer, analyser et commenter, revient à lui poser la question sur son leadership de dEUS. Il s'agit là d'une vocation, d'une seconde nature, d'une greffe spontanée d'ADN. En cette fin août, l'Anversois de 47 ans est dans un hôtel bruxellois du centre, choisi pour une terrasse intérieure cigarettes-friendly. Dans un rollercoaster sémantique, d'autant plus énergisant que le prétexte du jour est la sortie du troisième album de TaxiWars, Artificial Horizon. Le disque, percutant (voir encadré), porte les acquis précédents -jazz, groove, parlando- et les multiplie vers d'autres ambitions. Davantage cendrées, épanouies, voire paroxystiques. Tout en restant une collaboration serrée avec l'autre auteur principal -le sax flamand de New York, Robin Verheyen- et les deux complices rythmiques, le contrebassiste Nicolas Thys et le batteur Antoine Pierre, seul francophone du lot. Détail linguistique d'un parcours où le quadrilingue Barman -il parle un bon français et se débrouille aussi en portugais- ne cesse de planter des graines surprises depuis le premier enregistrement de dEUS. Soit une cassette autoproduite en 1991 de huit titres, sept originaux et la reprise de I'm Waiting for the Man du Velvet. Barman n'a alors guère plus de 19 ans mais déjà une forme d'arrogance qu'humour et talent évacuent régulièrement vers d'autres zones, moins startitudes. Depuis lors, on a rencontré l'oiseau une demi-douzaine de fois, au fur et à mesure que dEUS naviguait dans une carrière à géométrie et qualités variables, engrangeant neuf albums dont deux compilations, de 1994 à nos jours. Depuis cet ancien concert anversois en mars 1992 à Hof Ter Lo et un dEUS TNT avec encore Stef Kamil Carlens et Rudy Trouvé, en passant par les séjours à Forest National et le retour à l'actuelle salle de Boechout susmentionnée, rebaptisée Trix, pour quatre concerts complets en ce mois de septembre. Le cadre est celui d'une tournée célébrant les 20 ans d'Ideal Crash, arrêtée pour huit soirs, tout aussi sold-out, en mai à l'AB. ...