Il a donné rendez-vous à une terrasse, pas loin de son nouveau bureau. "En fait, je ne commence officiellement que le 1er septembre, je n'ai pas encore reçu mon badge d'entrée", rigole le tout nouveau directeur de l'Ancienne Belgique. À 43 ans, Tom Bonte succède à Dirk De Clippeleir. Il n'est certainement pas un nouveau venu dans le paysage culturel flamand. C'est en 2000 que le Campinois, originaire de Kasterlee, a débuté comme assistant-programmateur au Singel d'Anvers, avant d'enchaîner avec le Vooruit à Gand, et de débarquer, il y a neuf ans d'ici, au Beursschouwburg, proche voisin de l'AB. "Pour mon "déménagement", j'ai mis toutes mes affaires sur un diable et j'ai traversé le boulevard", pour rejoindre ce qui reste l'un des repaires indéboulonnables de la vie culturelle bruxelloise et, plus simplement, l'une des plus bell...

Il a donné rendez-vous à une terrasse, pas loin de son nouveau bureau. "En fait, je ne commence officiellement que le 1er septembre, je n'ai pas encore reçu mon badge d'entrée", rigole le tout nouveau directeur de l'Ancienne Belgique. À 43 ans, Tom Bonte succède à Dirk De Clippeleir. Il n'est certainement pas un nouveau venu dans le paysage culturel flamand. C'est en 2000 que le Campinois, originaire de Kasterlee, a débuté comme assistant-programmateur au Singel d'Anvers, avant d'enchaîner avec le Vooruit à Gand, et de débarquer, il y a neuf ans d'ici, au Beursschouwburg, proche voisin de l'AB. "Pour mon "déménagement", j'ai mis toutes mes affaires sur un diable et j'ai traversé le boulevard", pour rejoindre ce qui reste l'un des repaires indéboulonnables de la vie culturelle bruxelloise et, plus simplement, l'une des plus belles salles du Royaume. Un job de rêve pour Tom Bonte? "Je n'ai pas de plan de carrière. Mais disons que quand vous travaillez dans le culturel, à Bruxelles, et que la musique est votre premier amour, l'idée d'intégrer une telle institution trotte forcément à un moment dans un coin de votre tête." Contrairement à ses projets précédents, c'est la première fois que Tom Bonte dirigera une salle (quasi) uniquement dédiée à la musique. Alors que son prédécesseur avait plutôt le profil de gestionnaire, il devrait amener un nouveau souffle -comme celui qu'il a indéniablement réussi à insuffler au Beursschouwburg. Même si les conditions de son arrivée -en pleine crise du Covid-19- ne sont forcément pas idéales... Pour sa rentrée, l'AB a décidé de rouvrir ses portes, mais dans une formule baptisée Abnormal. Soit des concerts en configuration assise -la grande salle se reconvertissant en "théâtre" de 200 places et le club se limitant à un public de 40 personnes. Ce qui n'est évidemment pas une solution à long terme, pour "un endroit dont le business model est notamment basé sur des concerts complets de 2.000 personnes". "D'autant qu'on fonctionne avec une part de subsides limitée, plus ou moins 30%, le reste devant être trouvé dans le ticketing, l'Horeca, etc. Dans un endroit comme le Beurs, où l'on programme également de la danse, le rapport est inversé. Ce qui est légitime, je ne le conteste pas. Mais le résultat est que, pour une fois, les salles de concert vont être touchées plus directement." La solution? "Il faudra probablement attendre le vaccin. Ou alors reposer à un moment la question de l'équilibre à trouver entre le "coût" de la sécurité sanitaire et celui d'un retour à la "normale", aussi compliquée soit-elle..." En attendant, Tom Bonte ne s'interdit pas de repenser l'activité. Comment imaginer le futur du live? Et, en particulier, celui de l'AB? "Aujourd'hui, la pression pour remplir les salles et faire du ticketing est vraiment très importante. Ne faut-il pas trouver un moyen de la diminuer, pour peut-être faire moins, mais approfondir certaines collaborations?" Écologiquement, la crise du coronavirus est peut-être aussi une occasion de revoir certaines choses, l'AB "ayant déjà beaucoup travaillé cette dimension-là". Mais plus encore, c'est sur la diversité que veut appuyer Tom Bonte. "Ce qui reste encore un problème, y compris dans un milieu culturel qui se déclare progressif, mais qui se racrapote encore trop souvent sur de vieux réflexes." Cette ambition d'une plus grande mixité sociale était déjà présente au Beurs. "Je pense qu'on a réussi en grande partie ce pari. On peut toujours faire mieux évidemment. D'autant que ces deux dernières années, les discussions autour de #MeToo et de Black Lives Matter se sont aiguisées, à raison. C'est aussi pour ça qu'à un moment, vous vous demandez si, en tant qu'homme blanc, vous êtes le mieux placé pour amener l'institution un peu plus loin." Aujourd'hui, c'est donc Melat Gebeyaw Nigussie qui a pris le relais de Tom Bonte. Parti à l'AB, il promet de relancer le même débat au sein de la vénérable salle du boulevard Jacqmain. "J'ai envie d'apporter ça, de la rendre plus inclusive." À l'image d'une ville elle-même multiculturelle.