"You can't judge a book by its cover." En l'occurrence, The Strypes, qui ouvraient pour nous la 29e édition du Pukkelpop, prouvaient une fois de plus qu'ils sont taillés pour leurs costards mods. Les quatre teenagers, qui n'hésitent pas à citer explicitement Led Zep, les Yardbirds ou Creedence Clearwater Revival, jouent à merveille leur rôle de gamins insolents du rock'n'roll. Si ce n'est pas l'originalité qu'on retiendra chez eux, l'efficacité des Irlandais adoubés par Elton John est redoutable. À nous en faire oublier la pluie naissante, dont ils s'excusent d'ailleurs entre deux poussées d'acné.

S'il en est un qui remettra décidément du soleil dans l'après-midi, c'est le branleur céleste Mac DeMarco. L'auteur du récent Salad Days, sérieux concurrent à l'album le plus joyeusement foutraque de l'année, est idéal en programmation d'après-midi. Aux dernières Nuits Botanique, l'ambiance suffoquante du chapiteau avait eu raison de nous. Ici, le Canadien est en mode relax et fait péter les vannes comme les refrains sucrés. "C'est quoi la couleur de tes couilles?", adresse-t-il au bassiste tout aussi remonté, avant de lancer Blue Boy. "Blue Balls. Blue Boy? Blue Balls." Ou encore "Faut que je change mon lange, je ne raconte que de la merde." Aussi plouc et bas du front entre les morceaux que génialement redoutable pendant: le contraste est saisissant, tant pendant les nuggets garage (Ode to Viceroy, I'm A Man) que pendant les escapades pop (Passing Out Pieces).

Mac DeMarco, Caroline Lessire
Mac DeMarco © Caroline Lessire

Celle qui achèvera de nous mettre de bonne humeur pour l'après-midi, c'est la pétillante Janelle Monáe. Tout sourire dehors, et à dix musiciens sur scène (plus si on compte les techniciens qui font presque partie intégrante du show), la fille du Kansas aurait sans aucun doute fait rude concurrence aux Supremes ou aux Vandellas. Le groove est sec, le show démarre au quart de tour (Q.U.E.E.N. et Dance Apocalyptic en ouverture, le carton assuré), on a l'impression d'être face à une Beyoncé dont on aurait ôté tout l'excédent de sucre. Dieu que tout cela est communicatif. Et ce n'est pas l'exquise reprise d'I Feel Good (que peu d'autres auraient pu oser) qui nous fera penser le contraire. Coup de poing final avec l'hymne militant Cold War, le poing levé. Déjà le meilleur concert du festival, si tôt?

Retrouvez toutes les photos des concerts en cliquant ici.

"You can't judge a book by its cover." En l'occurrence, The Strypes, qui ouvraient pour nous la 29e édition du Pukkelpop, prouvaient une fois de plus qu'ils sont taillés pour leurs costards mods. Les quatre teenagers, qui n'hésitent pas à citer explicitement Led Zep, les Yardbirds ou Creedence Clearwater Revival, jouent à merveille leur rôle de gamins insolents du rock'n'roll. Si ce n'est pas l'originalité qu'on retiendra chez eux, l'efficacité des Irlandais adoubés par Elton John est redoutable. À nous en faire oublier la pluie naissante, dont ils s'excusent d'ailleurs entre deux poussées d'acné.S'il en est un qui remettra décidément du soleil dans l'après-midi, c'est le branleur céleste Mac DeMarco. L'auteur du récent Salad Days, sérieux concurrent à l'album le plus joyeusement foutraque de l'année, est idéal en programmation d'après-midi. Aux dernières Nuits Botanique, l'ambiance suffoquante du chapiteau avait eu raison de nous. Ici, le Canadien est en mode relax et fait péter les vannes comme les refrains sucrés. "C'est quoi la couleur de tes couilles?", adresse-t-il au bassiste tout aussi remonté, avant de lancer Blue Boy. "Blue Balls. Blue Boy? Blue Balls." Ou encore "Faut que je change mon lange, je ne raconte que de la merde." Aussi plouc et bas du front entre les morceaux que génialement redoutable pendant: le contraste est saisissant, tant pendant les nuggets garage (Ode to Viceroy, I'm A Man) que pendant les escapades pop (Passing Out Pieces).Celle qui achèvera de nous mettre de bonne humeur pour l'après-midi, c'est la pétillante Janelle Monáe. Tout sourire dehors, et à dix musiciens sur scène (plus si on compte les techniciens qui font presque partie intégrante du show), la fille du Kansas aurait sans aucun doute fait rude concurrence aux Supremes ou aux Vandellas. Le groove est sec, le show démarre au quart de tour (Q.U.E.E.N. et Dance Apocalyptic en ouverture, le carton assuré), on a l'impression d'être face à une Beyoncé dont on aurait ôté tout l'excédent de sucre. Dieu que tout cela est communicatif. Et ce n'est pas l'exquise reprise d'I Feel Good (que peu d'autres auraient pu oser) qui nous fera penser le contraire. Coup de poing final avec l'hymne militant Cold War, le poing levé. Déjà le meilleur concert du festival, si tôt?Retrouvez toutes les photos des concerts en cliquant ici.