Si l'on devait sélectionner un unique mot pour résumer cette soirée de mercredi soir au chapiteau, "perchée" serait probablement l'un des plus adéquats. Réunissant deux groupes français parmi les plus extravagants, le chapiteau a assisté au rythmes endiablés et estivaux de Polo & Pan et aux styles non-circonscrits de Bagarre.
...

Si l'on devait sélectionner un unique mot pour résumer cette soirée de mercredi soir au chapiteau, "perchée" serait probablement l'un des plus adéquats. Réunissant deux groupes français parmi les plus extravagants, le chapiteau a assisté au rythmes endiablés et estivaux de Polo & Pan et aux styles non-circonscrits de Bagarre.Mais tout d'abord on a eu affaire à un préambule signé Blondy Brownie, formation fleurie composée d'Aurélie Muller et Catherine de Biasio. En novembre, elles sortaient Almanach qu'elles ont présenté hier. Particularité pour cet album: sur chaque titre figure un homme en featuring. Philippe Katerine, Salvatore Adamo, Thimothée Philippe de BRNS... Au total, treize titres mêlant la douceur de la chanson française à des sonorités pop/rock.Subséquemment, Polo & Pan prenaient le contrôle de la scène pour un live coloré et estival. Tout de blanc vêtus, en petit short d'été pour l'un et pantalon en toile pour l'autre mais chemise assortie pour chacun, leur apparence aurait pu nous laisser croire qu'un voilier de plaisance les attendait dans le port de Bruxelles, prêt à prendre la mer vers leur prochaine date (à Istanbul, ça tombe bien). Remettant les années 70 au goût du jour, Polocorp et Peter Pan, de leur premier nom lorsqu'ils étaient encore DJs au Baron à Paris, ne cachent pas leurs inspirations qui transparaissent d'ailleurs très fort dans leurs productions (Maurice Ravel, Air, Giorgio Moroder...). Ils n'hésitent d'ailleurs pas à démarrer leur set par un rework de la BO du Grand blond avec une chaussure noire de Vladimir Cosma. Poussant à fond dans le thème, ils fusionnent leur musique avec un décor vidéo fait de motifs très seventies. Ils s'autorisent même une partie de "Jacques a dit" avec le public. Jacquadi, c'est d'ailleurs le titre d'une piste qu'ils ont composée avec... Jacques, bien évidemment, qui d'autre? Le temps de regarder notre montre, on se rend compte que ça fait déjà une heure. À l'heure de se quitter, ils entament leur plus grand succès, celui qui les a fait connaître en 2016, Canopée, single portant les voix d'Armand Penicaut et de l'actrice Victoria Lafaurie. Il est temps d'enchaîner avec les cinq français de Bagarre, même si l'on n'aurait pas craché sur quelques minutes supplémentaires avec leurs prédécesseurs. Résumer la musique de Bagarre est assez compliqué. D'un côté il y a une plume assez particulière, qui dégage tantôt du sens, tantôt aucun.Il suffit d'entendre le refrain de la chanson Béton Armé pour s'en rendre compte: "Sous la lune (fume), je m'allume (une), une terrasse (fume), il n'en reste (qu'une), que du béton armé." Derrière les paroles, il y a des compositions fortes, qui font que sur scène, ils envoient du lourd du début à la fin. Bagarre, c'est aussi cinq membres polyvalents. On pourrait se demander qui est qui dans le groupe mais ils ne forment qu'un en réalité, comme une sorte de noyau indissociable, chacun apportant sa touche de personnalité nécessaire à la représentation. Sur les cinq premières chansons, tous les cinq avaient déjà pris la place de chanteur! Bêtes de scène, ils le prouvent: ils s'autorisent un crowdsurfing, forment un pogo géant, sautent partout, crient... Le seul hic vient de la formule couplet-refrain-drop-couplet qui au fil des morceaux devient un peu répétitive et fait qu'on est largement rassasié à la fin du concert. Lire aussi: Bagarre, le groupe français que vous allez adorer détesterGuillaume Scheunders