C'est à une soirée alléchante et relativement particulière que conviaient mardi les Nuits Botanique. Habitué à des créations avec le Mons Orchestra (qui accompagne ce mercredi Benoît Lizen en première partie de CocoRosie), le Cirque royal accueillait cette fois un ciné concert. Le quatrième film de Bouli Lanners, Les Premiers, les derniers, avec une musique interprétée en direct sur scène par un supergroupe construit autour de Pascal Humbert... Sur papier, le projet avait déjà plutôt de la gueule. Les Premiers, les derniers raconte les (més)aventures de Cochise et Gilou, deux détectives privés/chasseurs de prime vieillissants embauchés pour retrouver un téléphone portable contenant des images disons encombrantes. Une histoire qui les emmène sur la route d'Esther et Willy, jeune couple en cavale attendant la fin du monde.

Ce road movie décalé, tendre et optimiste teinté de spiritualité, Lanners en avait confié la bande originale à Pascal Humbert, fidèle collaborateur du fils de prédicateur David Eugene Edwards... Revenu du Colorado pour épauler Bertrand Cantat (ils ont fabriqué ensemble l'album de Détroit), Humbert enregistra un morceau avec l'ex-chanteur de Noir Désir, reprit des titres de ses précédentes formations (Lilium, Wovenhand) et composa chez lui dans la petite cuisine de sa bergerie des Pyrénées les musiques additionnelles. Notamment, pour la petite histoire, à l'aide d'une guitare Dobro en acier soudé dont le résonateur est un enjoliveur de Chevrolet.

Au Cirque royal, l'ancien membre de 16 Horsepower recrée et réinvente la musique d'un film dont il a composé la BO. Et il ne s'est pas entouré de n'importe qui pour lui donner vie puisqu'il a embauché Koen Gisen au saxophone, Catherine Graindorge au violon et Jérémie Garat au violoncelle... À gauche de la scène, le quatuor met dans l'ambiance avant que la lumière soit éteinte et le film lancé. Une ambiance de western wallon. Celle d'un road movie frères coenien et catho planté dans nos contrées.

Pascal Humbert et Bouli Lanners, Olivier Donnet
Pascal Humbert et Bouli Lanners © Olivier Donnet

Souvent associé à des films muets (auxquels il permet parfois de révéler toute leur modernité), l'exercice du ciné concert est devenu tendance. Même avec des oeuvres parlantes. Pour preuve cette trilogie du Seigneur des anneaux accompagné par un choeur de 150 personnes et un orchestre symphonique de 100 musiciens au Sportpaleis d'Anvers. Rien de mégalo ici. La formation brode l'ambiance avec style. Occupe le silence sans envahir l'image. Se glisse entre les dialogues (sous-titrés pour l'occasion en néerlandais) jusqu'à se faire complètement oublier. Oui, les musiciens cessent rapidement d'accaparer les regards. Mais tout en amenant le film dans une autre dimension. C'est une expérience sensorielle étrange qu'offre un "spectacle" de ce genre. Une immersion rêveuse que ne permettra jamais le meilleur des home cinémas.

Alors que le film touche à sa fin, une voix tout sauf étrangère sort de l'ombre et résonne. L'invité pas vraiment surprise Bertrand Cantat s'est glissé discrètement sur scène (un batteur aussi) pour interpréter Maybe I, assis à la guitare, avec ses complices, et dessiner le joli épilogue d'une soirée hybride. On ne savait si on allait voir un concert ou un film. Ce n'était ni vraiment l'un, ni juste l'autre... On ne demande qu'à rééditer l'expérience.

C'est à une soirée alléchante et relativement particulière que conviaient mardi les Nuits Botanique. Habitué à des créations avec le Mons Orchestra (qui accompagne ce mercredi Benoît Lizen en première partie de CocoRosie), le Cirque royal accueillait cette fois un ciné concert. Le quatrième film de Bouli Lanners, Les Premiers, les derniers, avec une musique interprétée en direct sur scène par un supergroupe construit autour de Pascal Humbert... Sur papier, le projet avait déjà plutôt de la gueule. Les Premiers, les derniers raconte les (més)aventures de Cochise et Gilou, deux détectives privés/chasseurs de prime vieillissants embauchés pour retrouver un téléphone portable contenant des images disons encombrantes. Une histoire qui les emmène sur la route d'Esther et Willy, jeune couple en cavale attendant la fin du monde. Ce road movie décalé, tendre et optimiste teinté de spiritualité, Lanners en avait confié la bande originale à Pascal Humbert, fidèle collaborateur du fils de prédicateur David Eugene Edwards... Revenu du Colorado pour épauler Bertrand Cantat (ils ont fabriqué ensemble l'album de Détroit), Humbert enregistra un morceau avec l'ex-chanteur de Noir Désir, reprit des titres de ses précédentes formations (Lilium, Wovenhand) et composa chez lui dans la petite cuisine de sa bergerie des Pyrénées les musiques additionnelles. Notamment, pour la petite histoire, à l'aide d'une guitare Dobro en acier soudé dont le résonateur est un enjoliveur de Chevrolet. Au Cirque royal, l'ancien membre de 16 Horsepower recrée et réinvente la musique d'un film dont il a composé la BO. Et il ne s'est pas entouré de n'importe qui pour lui donner vie puisqu'il a embauché Koen Gisen au saxophone, Catherine Graindorge au violon et Jérémie Garat au violoncelle... À gauche de la scène, le quatuor met dans l'ambiance avant que la lumière soit éteinte et le film lancé. Une ambiance de western wallon. Celle d'un road movie frères coenien et catho planté dans nos contrées. Souvent associé à des films muets (auxquels il permet parfois de révéler toute leur modernité), l'exercice du ciné concert est devenu tendance. Même avec des oeuvres parlantes. Pour preuve cette trilogie du Seigneur des anneaux accompagné par un choeur de 150 personnes et un orchestre symphonique de 100 musiciens au Sportpaleis d'Anvers. Rien de mégalo ici. La formation brode l'ambiance avec style. Occupe le silence sans envahir l'image. Se glisse entre les dialogues (sous-titrés pour l'occasion en néerlandais) jusqu'à se faire complètement oublier. Oui, les musiciens cessent rapidement d'accaparer les regards. Mais tout en amenant le film dans une autre dimension. C'est une expérience sensorielle étrange qu'offre un "spectacle" de ce genre. Une immersion rêveuse que ne permettra jamais le meilleur des home cinémas.Alors que le film touche à sa fin, une voix tout sauf étrangère sort de l'ombre et résonne. L'invité pas vraiment surprise Bertrand Cantat s'est glissé discrètement sur scène (un batteur aussi) pour interpréter Maybe I, assis à la guitare, avec ses complices, et dessiner le joli épilogue d'une soirée hybride. On ne savait si on allait voir un concert ou un film. Ce n'était ni vraiment l'un, ni juste l'autre... On ne demande qu'à rééditer l'expérience.