Juba Juba
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"J'écoute un peu de tout mais en ce moment, je cale sur Juba Juba de Yusef Lateef. Je ne me fais pas tout l'album mais ce morceau me calme et me rend heureux dans cette période difficile. Parce qu'il y a pas mal de peur, de stress pour l'été à venir. Les dates tombent les unes après les autres. J'ai déjà quinze shows qui ont été déplacés. Il n'y a qu'un médecin pour moi, c'est la musique. Bien manger aussi bien sûr. Je ne saurais pas te dire grand chose de Lateef. Je ne suis pas le genre de mec qui fouille pour savoir qui sont les gens. Je le fais avec le rap mais sinon, j'écoute, c'est tout. Et là, je dois dire que je me tape huit heures de jazz par jour. Je ne dors pas beaucoup et je n'écoute quasiment pas de hip-hop ces derniers temps. Ça me rend un peu nerveux. Puis de manière générale, c'est plutôt pour quand je suis en route, quand je marche en ville. Et c'est pas trop le moment... Pour l'instant, à la maison, je suis dans les nouveautés. Le confinement nous laisse le temps de découvrir." "La vidéo a été postée le 13 mars et je l'ai déjà regardée deux ou trois fois. J'adore. Chika est très forte. Elle a de l'humour. Elle est un peu comme moi je trouve. Elle se fout de sa propre gueule. Je suis en train de checker. Apparemment, elle vient d'Alabama (âgée de 23 ans, elle est devenue virale après un freestyle adressé à Kanye West sur un de ses beats, NDLR ). Je mate pas mal de Tiny Desk Concerts, ces sessions tournées dans un petit bureau. Je ne me les fais pas toutes. Il y a vraiment un tas de trucs. Mais un bon pote me les envoie: "Waw, tu as vu ça?" Et je me sens obligé de regarder. La sienne est vraiment incroyable. Je suis plutôt client de ce genre de choses. Le live permet de comprendre ce que vaut vraiment un artiste. Tu le vois comme il est. Il te propose sa musique à nu. Il n'y a rien de plus parlant. Parce que des projets studio, on en connaît. Des trucs qui sur une scène sont tout pourris. Tu vois de quoi je parle..." "Je dois avouer que je ne regarde pas grand-chose comme films. Ça ne m'intéresse pas des masses. La plupart du temps, j'essaie de mater un truc et après un quart d'heure, je m'endors, fieu. Mais bon, là, j'ai réussi à m'en faire un en entier. J'ai mis quatre jours, enfin quatre soirs pour le terminer. Perso, je l'ai acheté. Ouais, il y a encore des gens qui font ça. Ça s'appelle Motherless Brooklyn . Ça se passe aux États-Unis dans les années 50. C'est l'histoire d'un détective privé atteint du syndrome de Gilles de la Tourette qui enquête sur la mort de l'un de ses potes, détective lui aussi. Il y a beaucoup de musique, de jazz dans ce film. Et ça, ça me parle. Je suis toujours attiré par les bonnes BO. Mais sinon, c'est la jaquette qui a capté mon attention et m'a intrigué. Je dois dire que je n'en pouvais plus de Netflix. Puis Facebook, c'est de la merde. Pendant le confinement, j'écris, je cuisine, j'écoute du jazz et je travaille sur mon webshop toute la journée." "C'est vraiment une putain de vidéo. Un des meilleurs clips que j'ai vus de ma vie (il a été réalisé par Spike Jonze, à qui l'on doit notamment Her et Being John Malkovich, NDLR). Je l'ai encore regardé cette semaine. Ramy, le frère de Tamino, un bon pote qui est toujours avec nous et prend toutes les photos, m'a même envoyé son making of (disponible sur YouTube lui aussi) . Tout a été tourné à reculons. Ils font tout en arrière. Après, ils ont remis le truc à l'endroit en appuyant sur rewind. C'est à la fois bizarre et dingue. Le groupe a même appris par coeur les paroles à l'envers pour pouvoir les rapper. C'est vraiment une prouesse et un fameux délire. Le clip n'est pas un truc fondamental à mes yeux mais j'avoue qu'avec celui de mon morceau Wie Is Guy? , on a été super loin. Je sais que ça ne se fait pas... Un rappeur qui gueule sur Bart De Wever déguisé en Adolf Hitler, qui se fait éjaculer dessus et qui tue Jésus." "Ghetto-Ology Dubwise est un super album de dub des Black Roots Players (le groupe de studio et backing band de Sugar Minott, NDLR) . C'est pas du Jah Shaka. C'est un peu bizarre. La pochette est toute mauve et le disque est jaune. En fait, j'ai trouvé cet album à un euro alors qu'il doit coûter 150 balles. C'est Éric, le chef du bar de l'Ancienne Belgique qui me l'a vendu. Je devrais plutôt dire donné. Éric avait plein de vinyles qu'il n'écoutait plus. Je lui en ai racheté 2 000 à un euro. C'est pas du commerce, hein. Je n'ai rien revendu. J'ai tout gardé. À part les Pet Shop Boys. Ça, je peux pas. Enfin bref, c'est le premier vinyle que j'ai sorti de sa collection. Je l'ai écouté pendant deux semaines. Mais je n'ai pas encore jeté l'oreille sur le reste. J'écoute blindé de dub. J'adore ça. Ça me calme. Comme le jazz en fait. Avant, j'allais tous les ans au festival Reggae Geel."