Il y a des voix, des chansons, des disques qui font du bien, qui réchauffent les coeurs vides, qui réconfortent dans leur familiarité. Tel un vieil ami toujours là pour remonter le moral, ou le pétard de fin de journée qui permet de décompresser et de retrouver zénitude et sérénité. Un truc de génération sans doute: c'est toujours ce qu'ont représenté Eels et la musique de Mark Oliver Everett. Depuis quasiment 25 ans et la sortie de Beautiful Freak (la pochette avec la gamine aux grands yeux...), l'Américain a partagé ses coups de mou et ses élans rock, ses ...

Il y a des voix, des chansons, des disques qui font du bien, qui réchauffent les coeurs vides, qui réconfortent dans leur familiarité. Tel un vieil ami toujours là pour remonter le moral, ou le pétard de fin de journée qui permet de décompresser et de retrouver zénitude et sérénité. Un truc de génération sans doute: c'est toujours ce qu'ont représenté Eels et la musique de Mark Oliver Everett. Depuis quasiment 25 ans et la sortie de Beautiful Freak (la pochette avec la gamine aux grands yeux...), l'Américain a partagé ses coups de mou et ses élans rock, ses sucreries champêtres et ses questionnements intimes. Are You Fucking Your Ex a beau accuser de tromperie et The Gentle Souls parler de partenaire qui se fait jeter (aucun lien avec son récent et bref mariage, assure-t-il), Earth To Dora est un album plutôt optimiste. Plus proche du lumineux Daisies of the Galaxy (la pochette enfantine genre Martine promène ses chiens) que du sombre Electro-Shock Blues (album de deuil plombé par le suicide de sa soeur et le cancer de sa mère). Everett va bien donc. Et quand sur OK, au phrasé lou-reedien, il vient à chanter "Il fut un temps où je ne pensais pas revoir le lever du soleil, et ça m'allait, je me foutais d'être en vie", c'est pour terminer sa chanson par "Tu m'avais dit que c'était juste une nuit obscure. Et j'ai répondu non, il y a quelque chose de plus, mais tu avais raison"...Earth to Dora est un doux appel au tenir bon. Une lumière au bout du tunnel. Un espoir qui fait vivre. Des chansons du monde d'avant pour déjà rêver au monde d'après. "Do you wanna fly? Do you wanna get high? (Yeah, I do)." Everett a un don merveilleux, un pouvoir de super-héros. Celui de pondre des mélodies irrésistibles et de trousser des chansons qui restent dans l'oreille. Toutes celles de Earth to Dora semblent familières. Prêtes à être fredonnées sous la douche ou, disons, en se lavant les mains. "Voici une solution pour oublier ce qui vous préoccupe pendant au moins 2 minutes et 55 secondes, commentait E avec son humour caractéristique à la sortie mi-septembre du single Who You Say You Are. Écoutez cette chanson et pensez à mes problèmes à la place des vôtres. Ne me remerciez pas!" Un seul morceau (l'enjoué Are We Alright Again) a été écrit après l'arrivée de la pandémie. Earth to Dora traite de choses auxquelles nous rêvons tous de revenir sans trop savoir quand elles redeviendront notre quotidien. Le treizième disque d'Eels n'en est pas moins un remède pop à l'isolement du confinement et une couette douillette sous laquelle se blottir en ces temps automnaux de nuits précoces et de couvre-feu généralisé.