C'est le groupe anglais le plus important et essentiel de cet encore jeune siècle. À la fois sale, malin, drôle, irrévérencieux, poisseux, drogué, dangereux. C'était aussi sans doute pour le coup le seul band à guitares du festival de Dour qui avait la stature (avec Neurosis dans son genre) d'une tête d'affiche. On le déplorait déjà à l'ombre des terrils. Il n'y avait pas non plus beaucoup de rock cette année au pied des éolienne...

C'est le groupe anglais le plus important et essentiel de cet encore jeune siècle. À la fois sale, malin, drôle, irrévérencieux, poisseux, drogué, dangereux. C'était aussi sans doute pour le coup le seul band à guitares du festival de Dour qui avait la stature (avec Neurosis dans son genre) d'une tête d'affiche. On le déplorait déjà à l'ombre des terrils. Il n'y avait pas non plus beaucoup de rock cette année au pied des éoliennes. Mais il y avait par contre la famille électrique la plus dysfonctionnelle du Royaume-Uni. Le trône, comme le Brexit et le politique, la Fat White Family pisse dessus. Et plutôt à gros bouillons. Elle a beau avoir opéré avec Serfs Up! (the difficult third album) son grand virage pop, cette pop, la bande des frères Saoudi l'aime bizarre, malsaine, tordue. Comme ce Tastes Good With The Money et ses chants grégoriens, son clip aux allures de garden party gore. La Fat White s'arracherait un oeil, une jambe, un bras pour la cause. I Am Mark E Smith, Feet, Touch The Leather, Whitest Boy on the Beach... Les Dieux du rock'n'roll savent peut-être pourquoi (et encore): l'édenté de service, le guitariste Saul Adamczewski, n'est pas de la fête. Encore une histoire de came et d'excès sans doute... Mais qu'à cela ne tienne. Lias Saoudi, toujours aussi à l'aise dans son rôle de meneur de jeu, porte le concert à bout de bras. Lias c'est moins Messi, Hazard et Ronaldo qu'une tête brûlée à la Gascoigne, Ibra ou Cantona. Lias, c'est une bourrasque, une tempête, une tornade. Un frontman comme on n'en fait plus ou presque (le moule est cassé). Un type capable de tenir le public dans le creux de sa main. De le serrer dans son poing et de le jeter essoré. Au Botanique, ils avaient terminé par Is It Raining In Your Mouth?. À Dour, les zozos s'en sont allé sur Bomb Disneyland. Un tube aux allures de manifeste pour des mecs qui s'érigent contre le système, la couronne et la connerie. La société servile et la musique mercantile. Le 28 juillet, la Fat White se produira du côté d'Aulnoye-Aymeries dans le cadre des Nuits Secrètes. See you there.