Un 5e album teasé sur Internet depuis plus de sept mois vient remettre Die Antwoord dans l'actualité musicale de ce printemps. Celui qui devait s'appelerThe Book of Zef, selon les dires de Ninja lors d'interviews en septembre 2017, est arrivé par surprise le lundi 16 mars. Die Antwoord revient donc avec 12 titres censés être les derniers du groupes. Quatre ans après leur dernier album et moult tournées à succès grâce aux tubes entrainants et incisifs produits, House of Zef vient parachever l'oeuvre musicale.
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Un 5e album teasé sur Internet depuis plus de sept mois vient remettre Die Antwoord dans l'actualité musicale de ce printemps. Celui qui devait s'appelerThe Book of Zef, selon les dires de Ninja lors d'interviews en septembre 2017, est arrivé par surprise le lundi 16 mars. Die Antwoord revient donc avec 12 titres censés être les derniers du groupes. Quatre ans après leur dernier album et moult tournées à succès grâce aux tubes entrainants et incisifs produits, House of Zef vient parachever l'oeuvre musicale. Après des teasers produits par Roger Ballen, réalisateur et ami de longue date, les Sud-Africains publiaient une série sur leur chaine YouTube. Dans ZEF TV, Ninja et Yo-Landi se mettent en scène dans huit épisodes de cinq à sept minutes. Cette contre-culture "ZEF" est le mélange de multiples sources sud-africaines comme l'Afrikaans, ainsi que le côté trash et rave. Die Antwoord reste comme toujours flou entre rôle et réalité. Un univers trash, mystique et parfois absurde qui semble tellement naturel et travaillé à la fois dans cette série. On entrevoit tout de même des extraits de nouveaux morceaux, l'album semble donc arriver bien qu'il ne soit jamais évoqué explicitement.Les indices se faisaient donc nombreux, surtout avec un concert spécial prévu à Bruxelles en novembre. A l'occasion d'une exposition de Roger Ballen dans notre capitale, le groupe de rap-rave était de passage par l'Ancienne Belgique. Un concert unique qui devait être le premier test d'une "nouvelle manière de concevoir de la musique live", comme l'avait expliqué Ninja dans une vidéo. Une salle comble et impatiente qui restera sur sa faim. Un drap fin sur lequel est projeté des vidéos réalisées par Ballen, et au fond les silhouettes du groupes et de leurs danseurs. Une petite heure de concert appréciée mais qui laisse un goût de trop peu en terme de nouveauté et quantité. Pas l'ombre d'une annonce ou sous-entendu concernant un nouvel album pourtant.Une question se pose aussi quant à un retour avorté l'an dernier par une polémique au mois d'août. Une vidéo datant de 2012 a surgit, publiée par l'ex-caméraman du groupe. Des accusations homophobes avaient surgit lors de la diffusion, d'une vidéo montrant une bagarre entre Ninja, Yo-Landi et une troisième personne. Le duo s'était expliqué sur les réseaux sociaux, tentant de prouver l'infondé du critère homophobe. Cependant, cette histoire trouble leur aura valu d'être déprogrammé de plusieurs festivals, ainsi que de reporter leur tournée américaine (prévue en septembre 2019) à ce printemps figé par le coronavirus. Surprise donc le 16 mars lorsque l'album apparaît sur la Toile après quelques jours de teasing. On y retrouve un large panel d'artistes sud-africains, mis en avant tout au long de l'album. Une ambiance tout aussi glauque que celle de ses prédécesseurs émane de House of Zef. Die Antwoord s'est concentré sur la partie hip-hop cette fois. Le rendu est presque "cosy", lorsque l'on compare cet opus face à la masse de tubes EDM ou "bass music" qui ont fait le succès du groupe. Bien sûr, des morceaux comme Bang on Them ou Lambo Life conservent le groove qui a fait le cachet des Sud-Africains. Dans les nombreux featurings, on retrouve un discours de Roger Ballen à propos du rapport à la mort, de l'empreinte que chacun laisse sur la Terre, mais aussi de la fin de notre planète. Une corrélation se fait directement avec la dernière piste de House of Zef, intitulée NO 1. Dans ce morceau final, on pourrait comprendre une possible fin du groupe: "Finally we are no-one" (finalement nous ne sommes personne) de Yo-Landi, suivi de "No future, no plan, I'm just an everyday man" ("pas de futur, pas de plan, je suis juste un homme de tous les jours"). On balance ici entre le début et la fin. Un NO 1 comme le début d'une carrière dans l'anonymat, mais aussi le fait de redevenir inconnu après avoir été numéro 1. Die Antwoord semble vouloir rester nébuleux quant à son avenir. A la fin du mois d'août, le groupe sera au Zürich Openair. Mais étant donné leur volatilité de ces trois dernières années, une tournée complète comme celle prévue aux États-Unis n'est pas garantie en Europe.Clément larue