"Avec sept milliards d'êtres humains sur la planète, la musique que nous entendons n'est qu'une petite partie de celle qui se promène dans le monde. C'est l'instinct qui nous pousse à continuer de creuser." Le petit mot de remerciement en apparence anodin qui saluait la fin du Guess Who? et annonçait la vente à prix réduit des tickets pour l'an prochain (103 euros les quatre jours, messieurs dames) résume sans avoir l'air d'y toucher toute la philosophie du festival néerlandais. Dans une industrie où l'imitation, l'assimilation, le clonage ont souvent pris le pas sur la liberté, l'audace et la créativité, l'événement planté dans la splendide et agréable ville estudiantine d'Utrecht est devenu un bastion de résistance. Un symbole d'exploration, d'ouverture, de richesse, de diversité, de multiculturalisme... En perpétuelle réinvention, une métamorphose programmée, guidée par des boss à la vision panoramique et des curateurs sans oeillères (cette année: Shabaka Hutchings, Devendra Banhart, Moor Mother et RVNG Intl., un label indé de Brooklyn spécialisé dans la danse expérimentale et la musique électronique intégrant souvent des genres avant-gardistes), Le Guess Who? s'est imposé comme un rendez-vous incontournable pour les curieux de la musique et les voyageurs du tympan. Ils y ont une nouvelle fois fait le tour du monde en quatre jours. Le coeur léger et l'oreille éberluée. Se promenant de boîte de nuit en église, de théâtre en galerie, quand ils ne parcouraient pas les dédales du gigantesque Tivoli. Sorte de grand paquebot de la musique, de City 2 de la culture... En ces temps où nos dirigeants veulent restaurer les frontières et bâtir des murs, Le Guess Who? les abolit, les détruit, les efface. Tendances et highlights d'une passionnante douzième édition...
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