Sorti en juin, l'album signé Lederman-De Meyer est titré Eleven Grinding Songs, soit quelque chose comme "onze chansons broyées". Ce qui qualifie assez justement le parcours de nos désormais sexagénaires -tous deux sont de 1957- eau et feu apparents. Dans le rôle (faussement) tranquille de l'homme-synthé, Jean-Marc Lederman, autodidacte titulaire d'une carrière qui emballe musiques pour films et jeux vidéo, écriture à succès pour autrui (Bashung) et franche participation aux semi-mythiques Fad Gadget, The The, The Weathermen et aux plus belges Streets, Digital Dance et Kid Montana. Face à lui, Jean-Luc De Meyer, t-shirt Kraftwerk, historien de formation, Jettois émigré en Brabant: depuis 37 ans, il connaît l'une des plus étonnantes carrières belgo-internationales au sein de Front 242, essentiel groupe national. Amateur niveau pro de jeux de mots et trafics de syllabes, témoignant d'une admiration pour Georges Perec, l'Oulipo et une lecture multidécalée de la vie, entre autres passée par le job de manager aux ressources humaines d'une boîte d'assurances. Les deux Bruxellois se rencontrent au tout début de la dé...