La Première ministre a annoncé lors du Conseil national de sécurité de ce jeudi qu'à partir du 1er septembre, le nombre de spectateurs pouvant assister à des événements sera à nouveau revu à la hausse, des jauges qui correspondent à celles du début de l'été avant le resserrement des mesures.

  • En intérieur, dans des salles de spectacles ou des centres sportifs, il passera ainsi de 100 à 200.
  • Pour les événements en plein air, le nombre de spectateurs autorisés sera de 400, contre 200 actuellement

"Un peu d'air pour le secteur de la culture et de l'événementiel. Le #CNS vient de décider d'assouplir les mesures en vigueur", a réagi sur Twitter, le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Pierre-Yves Jeholet. Dès ce mercredi, ce dernier avait assuré qu'il plaiderait, lors de la réunion du CNS, pour un assouplissement des normes limitant la présence du public, avec un retour aux règles en vigueur avant le Conseil du 27 juillet qui avait restreint le nombre de spectateurs autorisés aux spectacles et autres événements, tant à l'intérieur qu'en extérieur.

La ministre de la Culture en Fédération Wallonie-Bruxelles, Bénédicte Linard, avait elle aussi annoncé mercredi qu'elle plaiderait en faveur du secteur. "Il faut impérativement trouver un meilleur équilibre pour envisager une rentrée sereine et économiquement soutenable. Le secteur est lui-même porteur de solutions réalistes que je soutiens."

J’ai reçu ces derniers jours différentes interpellations légitimes concernant les difficultés des lieux culturels, mais...

Geplaatst door Bénédicte Linard op Woensdag 19 augustus 2020

Des mesures qui restent particulièrement strictes

Si les mesures annoncées ce jeudi constituent un assouplissement, elles restent particulièrement strictes. Chez nos voisins Français par exemple, la jauge du nombre de spectateurs admis a été fixée à 5.000.

Chez nous, alors que "les témoignages et rapports ne manquent pas à démontrer la crise que subit le secteur artistique, (...) les incohérences des applications sanitaires persistent, les concertations avec le secteur sont quasi nulles et ont peu de portée", déplorait la FACIR, Fédération des auteurs, compositeurs et interprètes réunis, ce matin sur les réseaux sociaux. En concertation avec d'autres fédérations professionnelles des Arts de la scène, celle-ci appelait pourtant de toute urgence à adopter les points suivants:

  • Réduire le protocole des 1m50 à 1m pour les événements avec places assises et le regard tourné dans une seule direction
  • Ne plus parler en termes de nombre de places mais de pourcentage: chaque salle devrait recevoir un public à hauteur de 60% de sa capacité d'accueil

Les théâtres et salles de concerts déçus par ces mesures "absurdes"

Les mesures annoncées par le Conseil national de sécurité jeudi ont déçu et mis en colère les acteurs des arts de la scène. Selon le Théâtre des Martyrs et Forest National, les réglementations actuelles, qui élargissent les limites de rassemblement à 200 personnes à l'intérieur et à 400 personnes à l'extérieur, sont "absurdes".

La Fédération des employeurs des arts de la scène (FEAS) se réunira vendredi matin pour acter la décision et se positionner, mais certains acteurs du secteur se sont déjà dits déçus et en colère.

"Mes collègues et moi ressentons une énorme déception et une colère extraordinairement forte de ne pas avoir été entendus, alors que nous avions fait des propositions extrêmement concrètes", a déclaré le directeur artistique général du Théâtre des Martyrs, Philippe Sireuil. "Le retour aux mesures prises au mois de juin n'est qu'une très très petite satisfaction, étant donné que subsiste encore aujourd'hui une différence entre les mesures imposées dans les transports en commun et dans les salles de spectacles", déplore-t-il.

La responsable de communication de Forest National, Coralie Berael, est également dépitée: "L'augmentation de la capacité dans les salles ne nous concerne pas. Autoriser 200 personnes en intérieur, pour nous, cela ne sert à rien. Il serait temps de réfléchir à des chiffres au prorata de la capacité de chaque salle", explique-t-elle. Et d'ajouter que le secteur a également besoin de pouvoir envisager les événements sur le long terme. "On dépend de tournées internationales, d'artistes qui planifient leur tournée 6 mois ou un an à l'avance, donc avancer au compte-goutte, c'est impossible pour nous."

Une opinion partagée par le codirecteur du Théâtre Le Public, Michel Kacenelenbogen: "Le théâtre ne se fabrique pas comme ça du jour au lendemain", rappelle-t-il. Il attend en outre plus de précisions sur les mesures à appliquer. "On attend de voir si une distanciation sera imposée en plus du port du masque. Cette information nous manque. Si l'on retourne aux mesures d'avant le 27 juillet et que la distanciation sociale n'est pas obligatoire, alors pratiquement toute la saison pourra se réaliser. En revanche, s'il faut espacer les spectateurs, seule une partie de la saison subsistera."

Du côté du Théâtre des Martyrs, la décision a été prise d'accompagner les artistes et de faire en sorte que les spectacles puissent exister. "Mais nous ne savons pas encore si nous allons pouvoir les présenter devant des spectateurs, dans la mesure où s'il nous faut appliquer à la fois le masque et la distanciation sociale, cela donnera des salles extrêmement vides", indique Philippe Sireuil. "C'est absurde et, économiquement, c'est évidemment un gouffre."

La Première ministre a annoncé lors du Conseil national de sécurité de ce jeudi qu'à partir du 1er septembre, le nombre de spectateurs pouvant assister à des événements sera à nouveau revu à la hausse, des jauges qui correspondent à celles du début de l'été avant le resserrement des mesures."Un peu d'air pour le secteur de la culture et de l'événementiel. Le #CNS vient de décider d'assouplir les mesures en vigueur", a réagi sur Twitter, le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Pierre-Yves Jeholet. Dès ce mercredi, ce dernier avait assuré qu'il plaiderait, lors de la réunion du CNS, pour un assouplissement des normes limitant la présence du public, avec un retour aux règles en vigueur avant le Conseil du 27 juillet qui avait restreint le nombre de spectateurs autorisés aux spectacles et autres événements, tant à l'intérieur qu'en extérieur.La ministre de la Culture en Fédération Wallonie-Bruxelles, Bénédicte Linard, avait elle aussi annoncé mercredi qu'elle plaiderait en faveur du secteur. "Il faut impérativement trouver un meilleur équilibre pour envisager une rentrée sereine et économiquement soutenable. Le secteur est lui-même porteur de solutions réalistes que je soutiens." Si les mesures annoncées ce jeudi constituent un assouplissement, elles restent particulièrement strictes. Chez nos voisins Français par exemple, la jauge du nombre de spectateurs admis a été fixée à 5.000.Chez nous, alors que "les témoignages et rapports ne manquent pas à démontrer la crise que subit le secteur artistique, (...) les incohérences des applications sanitaires persistent, les concertations avec le secteur sont quasi nulles et ont peu de portée", déplorait la FACIR, Fédération des auteurs, compositeurs et interprètes réunis, ce matin sur les réseaux sociaux. En concertation avec d'autres fédérations professionnelles des Arts de la scène, celle-ci appelait pourtant de toute urgence à adopter les points suivants: