S'efforcer de redécouvrir son salon, sa chambre ou sa cuisine sous un nouvel angle est devenu pour certains un passe-temps en temps de confinement. Sans l'avoir prévu, Mario Kart Live: Home Circuit offre un nouveau point de vue à cette activité impensable voici à peine un an. Nintendo y glisse le joueur dans de vrais karts filmant leurs courses, au ras du sol. Tantôt pour se faufiler sous un buffet, tantôt pour zigzaguer entre des plantes d'intérieur. Métamorphosant le mobilier domestique en cité fantastique, cette adaptation du célèbre jeu de course de Big N confirme l'intérêt de la marque pour le monde du jouet et pour la réalité augmentée, quelques années après Pokémon GO.
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S'efforcer de redécouvrir son salon, sa chambre ou sa cuisine sous un nouvel angle est devenu pour certains un passe-temps en temps de confinement. Sans l'avoir prévu, Mario Kart Live: Home Circuit offre un nouveau point de vue à cette activité impensable voici à peine un an. Nintendo y glisse le joueur dans de vrais karts filmant leurs courses, au ras du sol. Tantôt pour se faufiler sous un buffet, tantôt pour zigzaguer entre des plantes d'intérieur. Métamorphosant le mobilier domestique en cité fantastique, cette adaptation du célèbre jeu de course de Big N confirme l'intérêt de la marque pour le monde du jouet et pour la réalité augmentée, quelques années après Pokémon GO. L'idée de dépoussiérer les circuits de voitures électriques traditionnels n'est pas neuve. Il y a six ans, Scalextric remplaçait les traditionnelles manettes par des tablettes et des smartphones dans App Race Control. Un an plus tard, l'Anki OverDrive substituait les rails électriques des tracés conventionnels par un film vinyle tapissé de motifs "lus" par le bas de caisse de ses voiturettes. Cet automne, Mario Kart Live: Home Circuit modernise un peu plus encore ces approches. On y pilote un vrai kart en prenant les commandes de la Switch et en regardant son écran (ou le téléviseur). Le tout pour voir projetés chez soi, et en réalité augmentée, les thèmes connus des circuits de la saga née en 1992. L'installation de Mario Kart Live: Home Circuit a lieu en trois temps. Après avoir chargé et connecté le kart à la Switch, on dépose quatre portiques en carton au sol pour délimiter le tracé. Nintendo préconise de ne pas éloigner la console du kart de plus de cinq mètres. Une grande pièce dégagée offrira évidemment plus de souplesse et de potentiel créatif qu'une petite chambre... Ces préparatifs achevés, le jeu demande ensuite d'effectuer un premier tour de piste avec le kart, histoire de tracer le circuit virtuel dans la pièce en laissant une trace de peinture qui délimite la zone de course. S'engouffrer sous un canapé et poursuivre la course en slalomant entre les pieds de plusieurs chaises est littéralement euphorisant. Sans latence perceptible, la prise en main étonnamment précise et rassurante du véhicule offre, avec un certain talent, les sensations gaming des Mario Kart dans la vie "réelle". Rouler sur une peau de banane ou attraper un champignon plaqué en surimpression du flux vidéo impacte le comportement réel du kart en le faisant respectivement ralentir et accélérer. Prises dans une tempête de sable, un décor 8 bits, une maison fantôme ou des fonds marins, les pièces de votre domicile se colorent des thèmes connus de la série. Quatre modes de vitesse allant de 50 à 200 cc et huit compétitions composées chacune de trois courses sont proposés. Des zones de "cadeaux" au comportement des concurrents, l'intelligence artificielle complète les circuits -tous différents- créés par le joueur pour un résultat final cohérent. Étonnement, la prise en main du jeu ne change pas comparée à celle d'un jeu vidéo classique. Et puisque la vie réelle ne permet pas de respawn après un crash, heurter un pied de table exige une vraie marche arrière, autrement plus laborieuse que dans une course digitale. Conscient de la limite physique de son objet ludique hybride, Nintendo permet de contourner en course un portique sur quatre sans pénalité. Les karts, qui offrent une autonomie d'1h30 à 2h30 selon la vitesse moyenne, ne risquent toutefois pas de cartonner sous les sapins à Noël. Affiché à une centaine d'euros, Mario Kart Live: Home Circuit n'est commercialisé en effet qu'avec un seul véhicule. Pour se lancer à quatre joueurs, l'addition se corse encore d'autant que chaque bolide exige lui-même une Switch! En l'état, les parties à plusieurs joueurs dans une même pièce sont donc compromises. De quoi sérieusement dénaturer l'essence même de Mario Kart... Complétant une foule de projets fêtant les 35 ans de Mario (décliné en vraie réédition de Game & Watch, en Battle Royale...), Mario Kart Live capitalise sur une réalité augmentée vivant des hauts et des bas dans le jeu vidéo mainstream depuis 17 ans. L'EyeToy de la PlayStation 2 a ainsi engendré quelques successeurs chez Sony et Microsoft, sans jamais soulever un enthousiasme fou. Les chasses de monstres en rue de Pokémon GO ont par contre embrasé le grand public, il y a quatre ans, et hissé la RA à un niveau de popularité jamais vu. De quoi pousser des franchises comme Minecraft, Ghostbusters, The Walking Dead et (depuis cette rentrée) The Witcher à lui emboîter le pas. Mario Kart Live confirme enfin un récent penchant de Nintendo pour les jouets physiques. Probablement motivé par les 3,5 millions de statuettes connectées Amiibo écoulées en 2015 (elles-même inspirées du phénomène Skylanders), Big N multiplie en effet ces derniers temps les boîtes de jeu gorgées de tech. L'an dernier, son Nintendo Labo se présentait comme des kits de bricolage en carton permettant d'assembler des accessoires gaming (guidon de moto, piano...) fusionnant avec l'écran tactile de la Switch et ses deux manettes. Après avoir annoncé un parc d'attractions qui devrait étendre le parc Universal Studios d'Osaka, Nintendo sortait également en mars dernier LEGO Super Mario. Les briquettes danoises y sont mises à profit pour assembler des niveaux où l'on écrase des champignons et catapulte des fleurs carnivores. Le jeu cocréé par Takashi Tezuka, acolyte de longue date de Shigeru Miyamoto (le père de Mario), sonne comme un retour aux sources pour Nintendo. Fondée en 1889, l'entreprise a bâti son empire en commençant avec... un simple jeu de cartes d'Hanafuda.