Leur sang bleu ne fait qu'un tour. Et les charmants rejetons de l'aristocratie, joyeux fêtards un brin snobs au départ, se transforment en décadents frustrés, imbus d'une supériorité "naturelle" qui leur fait mépriser les classes inférieures au point d'humilier, de frapper, de tuer presque... The Riot Club doit être l'une des plus extrêmes et violentes évocations du système britannique de caste, divisant la société en couches bien définies. Une réalité bien sûr moins radicale et terrifiante qu'à l'époque de Dickens, mais qui n'en reste pas moins présente et visible aujourd'hui. Les jeunes privilégiés de The Riot Club, membres d'un club (1) élitiste de l'Université d'Oxford, portent la nostalgie et la frustration d'un passé où le pouvoir de leurs semblables pouvait s'exercer sans encombre légale ou presque. Lone Scherfig, réalisatrice danoise du film, n'en parle pas moins au présent, elle qu'avait séduite la pièce originale de Laura Wade, Posh, et dont l'appartenance au mouvement Dogma de Lars Von Trier signala très vite l'attrait pour les sujets grinçants, propres à susciter la controverse. "Des clubs comme celui du film existent réellement, explique-t-elle, ils sont exclusivement masculins, impliquent des rituels secrets, un sentiment d'appartenance aigu... et très souvent une consommation excessive d'alcool, et des dérives choquantes comme le fait de soumettre des filles à des humiliations, ou de provoquer les moins nantis en b...