En 2014, Posthumous, son premier film, questionnait les notions de commerce et d'art dans le cadre bien défini et très codé d'une comédie romantique. Avec The Farewell, deuxième long métrage d'inspiration largement autobiographique, la réalisatrice sino-américaine Lulu Wang ( lire également son interview page...

En 2014, Posthumous, son premier film, questionnait les notions de commerce et d'art dans le cadre bien défini et très codé d'une comédie romantique. Avec The Farewell, deuxième long métrage d'inspiration largement autobiographique, la réalisatrice sino-américaine Lulu Wang ( lire également son interview page 16) confie aujourd'hui volontiers qu'elle a voulu faire entendre une voix plus spécifique et plus personnelle que celle-là. Et le film, en effet, de résonner de l'intime à l'universel de très authentique façon. Comédie dramatique chorale, The Farewell voit les membres d'une famille basés aux États-Unis et au Japon se rassembler en Chine autour de Nai Nai, grand-mère et mère tant aimée qui ignore être atteinte d'une maladie incurable. Tous lui cachent la vérité, prétextant le mariage inventé de toutes pièces de son petit-fils pour partager avec elle ses derniers instants de bonheur. Questionnant sans juger le bien-fondé de ce genre de pieux mensonge, assez commun en Chine, The Farewell sonde les notions de choc des cultures mais aussi de fossé intergénérationnel sur un mode résolument émotionnel, la bande-son, très opératique, du film conférant à son intrigue une ampleur quasiment mythologique. Inconditionnelle du cinéma de Mike Leigh, Lulu Wang signe ici un ensemble certes parfois un peu platement illustratif, et sans guère de surprises une fois ses insolites prémices exposées, mais qui sent bon le vécu et le plaisir de raconter des histoires.