Laryssa Kim partage une colocation dans un bel immeuble de Saint-Gilles, où un vénérable escalier en bois résonne et grince " un peu comme dans une maison hantée". La trentenaire rigole de sa phrase, peut-être parce que ce décor a bel et bien un lien sonore avec ses expérimentations musicales: celles d'une musique concrète ou acousmatique à vocation expérimentale. Qui s'étale, couine, plane " avec une présence spatiale au coeur du travail", explique la diplômée du Conservatoire de Mons dont le matériel de production tient sur une modeste table. Une sorte de sonar musical, par exemple incarné dans le fantomatique Elatus: seize minutes d'une BO " à écouter les yeux fermés" pour un film que l'auditeur est prié de se monter lui-même, peut-être avec des sensations de sous-marin englouti remontant des limbes. À cette démarche chercheuse, l'acousmaticienne juxtapose aussi des morceaux chantés qu'on qualifiera -à défaut de mieux- d'électrosoul. Comme sa cyber-reprise du Strange Fruit de Billie Holiday, où elle évoque une Laurie Anderson qui aurait grandi à Harlem. Et Laryssa Kim d'évoquer un parcours d'affirmation par le voyage et la musique.
...