Pourquoi Stéphanie Blanchoud, 33 ans, cheveux courts encre, svelte, porteuse de pulls marins et, surtout, surtout, incarnation d'une putain de voix, n'inonde-t-elle pas ondes et magazines? Quelques supputations: son premier et intéressant album francophone paru en 2005 possède un côté fantôme juvénile de Barbara, tellement en dehors de l'époque et des pseudo-sensations indés qu'il décontenance. Pas tout le monde: la rencontrant alors au Niger lors de Jeux de la Francophonie, on est charmé par sa présence masculin-féminin et son organe d'ange tranquille. Le public africain, qui ne la connaît pas, la couvre de chaleur. "J'y ai découvert l'Afrique, j'ai besoin de vrais moments de déconnection, de dépouillement comme celui de voir la mer, de quitter la Belgique ou mon autre pays, la Suisse: c'est dans le mouvement que j'ai de nouvelles idées. La force de la nature me calme, comme la boxe d'ailleurs",dit-elle par une grise après-midi bruxelloise.
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