On peut être auteur chez Casterman et éditeur chez L'Employé du Moi et Sarbacane, et quand même rester fidèle à l'esprit des fanzines. Ainsi Max de Radiguès: après Soap, Moose, Tonton, Drop Target, Circé et Bâtard, entre autres, voilà Ketje, son nouveau fanzine dont il finalisait le cinquième numéro au moment d'écrire ces lignes. Dedans, il y distille Alerte 5, un étonnant récit d'une apparente science-fiction destiné à devenir un jour un album, mais aussi de splendides couvertures, des récits courts et plein de...

On peut être auteur chez Casterman et éditeur chez L'Employé du Moi et Sarbacane, et quand même rester fidèle à l'esprit des fanzines. Ainsi Max de Radiguès: après Soap, Moose, Tonton, Drop Target, Circé et Bâtard, entre autres, voilà Ketje, son nouveau fanzine dont il finalisait le cinquième numéro au moment d'écrire ces lignes. Dedans, il y distille Alerte 5, un étonnant récit d'une apparente science-fiction destiné à devenir un jour un album, mais aussi de splendides couvertures, des récits courts et plein de petites choses qui justifient largement les cinq euros que coûte un Ketje. Le tout dans un petit format agrafé maison, imprimé pareil, tiré à quelques centaines d'exemplaires seulement et réservés aux visiteurs de son site ou à ceux qui le croisent -chose rare en temps de Covid. Ketje est en tout cas un exemple parfait de l'actuelle vitalité des fanzines et du "Do It Yourself" en bande dessinée. Rien qu'en Belgique, les bons fanzines sont de nouveau légion, du Cosmicomix de Floriant Huet au Petit Pangolin Illustré, en passant par La Gazette du Rock ou les esquisses préparatoires que Joe Pinelli envoie de ses travaux à quelques happy few. Du "work in progress" ou des tonnes d'inédits qui s'affranchissent de tout éditeur ou distributeur, parfois gratuit, toujours pas cher, pour renouer avec le simple plaisir de créer, dessiner et fabriquer son mini-livre. À l'image de Bâtard dans lequel il pré-publiait l'album du même nom sorti chez Casterman, Max de Radiguès distille donc dans Ketje de longs chapitres d'un futur album baptisé Alerte 5. Il y use de son trait habituel et d'un noir et blanc plutôt intimiste et marqué par la bande dessinée alternative américaine pour se lancer dans ce qui ressemble à une grande aventure de science-fiction: après un attentat islamiste ayant causé l'explosion de la capsule Soyouz, la Station spatiale internationale et une mission d'exploration sur Mars, se retrouvent complètement isolées et en niveau d'Alerte 5, très peu adaptées à leur situation très particulière. En dire plus serait trahir le suspense et le flot de surprises que recèle cette nouvelle aventure pleine de spleen, d'humour et de jeunes gens remplis de sève que Max semble mener en totale liberté puisqu'il ne sait pas encore, nous dit-il dans le Ketje #5, si Alerte 5 s'achèvera dans le Ketje #6 ou #7. Seule certitude: on aurait tort de ne pas se précipiter sur son site pour s'offrir ces petits bijoux collectors, il lui en reste encore quelques-uns.