Au début, il n'y a rien. Un plateau nu, noir, seulement ponctué d'appareillages techniques, spots et haut-parleurs. Puis arrive un son, un beat synthétique, brut, presque irritant dans son minimalisme, qui va ponctuer une bonne part du solo. Le danseur entre enfin en scène. Manuel Roque, circassien passé à la danse contemporaine notamment sous la houlette de Marie Chouinard, porte des baskets hautes noires, un pantalon gris et un t-shirt sans manches, orné d'un paysage dessiné noir sur blanc.

Principal événement scénographique de ces 50 minutes, ce t-shirt, sous l'effet de la sueur, va progressivement perdre son motif, avalé par une tache aux couleurs multiples s'étendant comme les pigments d'une aquarelle. Une dissolution dans la transpiration mettant en évidence l'immense effort déployé par le danseur, qui passera la majeure partie de sa performance à sautiller, bondir, taper des pointes et des talons, en une série de clins d'oeil appuyés aux claquettes et aux danses irlandaises. Ses pas sur le sol, guidés par le beat obsédant qui se dissoudra lui aussi, créent une phrase rythmique irrégulière, comme une ritournelle hypnotique, comme les balises d'une transe.

"J'ai 37 ans et je pense que dans un an, je n'aurai plus les capacités physiques de danser ce solo", nous déclarait Manuel Roque en interview. Dans le final, sous un grondement qui pourrait être celui d'une écrasante chute d'eau, le danseur devient informe, infirme, vidé de sa substance, ses traits effacés à l'image de ceux de son t-shirt. Bang Bang est un solo comme une épreuve, déclenchant une empathie forte dans le public. Une performance radicale, sans fioritures et une mise en question d'existences où l'on nous demande d'en faire toujours plus.

Bang Bang: à voir encore le 25 octobre dans le cadre du Festival international des Brigittines à Bruxelles, www.brigittines.be

Au début, il n'y a rien. Un plateau nu, noir, seulement ponctué d'appareillages techniques, spots et haut-parleurs. Puis arrive un son, un beat synthétique, brut, presque irritant dans son minimalisme, qui va ponctuer une bonne part du solo. Le danseur entre enfin en scène. Manuel Roque, circassien passé à la danse contemporaine notamment sous la houlette de Marie Chouinard, porte des baskets hautes noires, un pantalon gris et un t-shirt sans manches, orné d'un paysage dessiné noir sur blanc. Principal événement scénographique de ces 50 minutes, ce t-shirt, sous l'effet de la sueur, va progressivement perdre son motif, avalé par une tache aux couleurs multiples s'étendant comme les pigments d'une aquarelle. Une dissolution dans la transpiration mettant en évidence l'immense effort déployé par le danseur, qui passera la majeure partie de sa performance à sautiller, bondir, taper des pointes et des talons, en une série de clins d'oeil appuyés aux claquettes et aux danses irlandaises. Ses pas sur le sol, guidés par le beat obsédant qui se dissoudra lui aussi, créent une phrase rythmique irrégulière, comme une ritournelle hypnotique, comme les balises d'une transe."J'ai 37 ans et je pense que dans un an, je n'aurai plus les capacités physiques de danser ce solo", nous déclarait Manuel Roque en interview. Dans le final, sous un grondement qui pourrait être celui d'une écrasante chute d'eau, le danseur devient informe, infirme, vidé de sa substance, ses traits effacés à l'image de ceux de son t-shirt. Bang Bang est un solo comme une épreuve, déclenchant une empathie forte dans le public. Une performance radicale, sans fioritures et une mise en question d'existences où l'on nous demande d'en faire toujours plus.