>> Tout Cannes en un coup d'oeil: notre tableau récapitulatif, mis à jour en temps réel
...

"On a craint que le film ne soit pas prêt mais Quentin Tarantino, qui n'a pas quitté sa salle de montage depuis quatre mois, est un vrai enfant de Cannes, fidèle et ponctuel!" Le 2 mai dernier, Thierry Frémaux mettait fin au (faux) suspense en annonçant la sélection, en compétition cannoise, de Once Upon a Time... in Hollywood, nouvel opus de Quentin Tarantino, Palme d'or il y a tout juste 25 ans avec Pulp Fiction. De quoi, si besoin, assurer au festival un surcroît de glamour -le générique aligne Brad Pitt, Leonardo DiCaprio et Margot Robbie- tout en achevant de bétonner le programme d'une 72e édition capitalisant sur les valeurs sûres. Le line-up de la compétition est, à cet égard, éloquent, puisque parmi les 20 candidats à la Palme d'or, que devra départager le jury présidé par Alejandro González Iñárritu, figurent pas moins de cinq (et même six) anciens lauréats. Soit, par ordre alphabétique, les frères Dardenne avec Le Jeune Ahmed, Abdellatif Kechiche avec Mektoub, My Love: Intermezzo, Ken Loach avec Sorry We Missed You, Terrence Malick avec A Hidden Life, et donc le réalisateur de Inglourious Basterds. De quoi donner à la sélection des petits airs de déjà-vu, sentiment conforté par la présence à leurs côtés de réalisateurs ayant déjà concouru à la Palme d'or, et pour certains habitués de la Croisette, les Pedro Almodóvar (Dolor y gloria), Marco Bellocchio (Il traditore), Bong Joon-ho (Parasite), Arnaud Desplechin ( Roubaix, une lumière), Xavier Dolan (Matthias et Maxime) et autre Kleber Mendonça Filho (Bacurau), sans oublier le revenant palestinien Elia Suleiman (It Must Be Heaven). À leurs côtés, huit cinéastes découvrent la section reine du festival, parmi lesquels quatre femmes (soit le double de l'an dernier), à savoir la Sénégalaise Mati Diop avec Atlantique, l'Autrichienne Jessica Hausner avec Little Joe, et les Françaises Céline Sciamma et Justine Triet, l'une avec Portrait de la jeune fille en feu, l'autre avec Sibyl. À qui s'ajoutent le Chinois Diao Yi'Nan ( The Wild Goose Lake), le Français Ladj Ly (Les Misérables, seul premier film en compétition), le Roumain Corneliu Porumboiu (La Gomera), et l'Américain Ira Sachs (Frankie). Du solide donc, comme en réponse à la pluie de critiques qui s'étaient abattues sur le délégué-général l'an dernier, pour une sélection sans véritable surprise. Jusque dans sa distribution géographique, qui fait la part belle à l'Europe et à la France en particulier, loin devant les États-Unis (à l'exclusion de Netflix qui, un an après une polémique de grande ampleur, brille une fois encore par son absence), l'Asie et le reste du monde. Et où, s'agissant des Belges (lire notre point sur la présence des Belges au festival), on notera qu'outre les frères Dardenne, ils seront quelques-uns à monter les marches du palais, Virginie Efira retrouvant Justine Triet, la réalisatrice de Victoria, dans Sibyl, tandis que Jérémie Renier et Matthias Schoenaerts tâtent du cinéma américain, le premier dans Frankie, le second dans A Hidden Life.Petite soeur de la compétition, la section Un Certain Regard en apparaît pour sa part plus que jamais comme le laboratoire. Une demi-douzaine de premières oeuvres figurent ainsi à son programme, parmi lesquelles les débuts comme réalisatrice de Monia Chokri, actrice chez Xavier Dolan et autrice de La Femme de mon frère. Si l'on pointe encore les présences de Bruno Dumont (Jeanne) ou Albert Serra (Liberté), deux films d'animation comptent également parmi la vingtaine de titres proposés, à savoir Les Hirondelles de Kaboul, de Zabou Breitman et Eléa Gobé Mévellec, et La Fameuse Invasion des ours en Sicile, de Lorenzo Mattotti. Enfin, une poignée de séances spéciales et autres midnight screenings complètent le volet officiel de la sélection. Après celui de vampires dans Only Lovers Left Alive, Jim Jarmusch s'essaie au film de zombies dans The Dead Don't Die, ouverture attendue avec une impatience non dissimulée; le Chilien Patricio Guzmán ponctue sa réflexion documentaire sur son pays dans La Cordillère des songes; Asif Kapadia se penche sur Diego Maradona après Amy Winehouse; Dexter Fletcher livre un biopic sur Elton John avec Rocketman; Bono accompagne le Ward 5B de Dan Krauss, et l'on en oublie -jusqu'à Claude Lelouch qui, plus de 50 ans après (!), donne une suite à Un homme et une femme dans Les Plus Belles Années d'une vie. Ce qui, à défaut d'autre chose, devrait valoir au festival une bouffée de nostalgie: il était une fois à Cannes, da ba da ba da da ba da ba da...