Il s'agit du "meilleur démarrage de sa carrière", assure CBO Box Office, auteur du classement. Programmé sur 545 écrans en France, J'accuse, consacré à l'affaire Dreyfus, a attiré 501.228 spectateurs, soit une moyenne de 920 fauteuils par salle. Ce total prend en compte les entrées réalisées depuis sa sortie le 13 novembre ainsi que les avant-premières.

J'accuse, avec Jean Dujardin, devance le film américain à gros budget Le Mans 66 (402.917 spectateurs en une semaine, en France toujours). S'il réalise un très bon démarrage par rapport aux films précédents de Polanski, il se classe au 29e rang seulement des meilleurs démarrages de l'année.

Le film est sorti en pleine polémique, après une nouvelle accusation de viol contre le cinéaste franco-polonais de 86 ans. La photographe Valentine Monnier dit avoir été "rouée de coups" et violée par le réalisateur en 1975 à l'âge de 18 ans, en Suisse. L'avocat du cinéaste a réfuté l'accusation.

Roman Polanski est en outre poursuivi depuis plus de 40 ans par la justice américaine pour des relations sexuelles illégales avec une mineure en 1977. Depuis, il a fait l'objet de plusieurs autres accusations de viol, qu'il a réfutées.

Récompensé du Lion d'argent de la Mostra de Venise en septembre, J'accuse y avait aussi suscité des réserves, notamment parce que Polanski avait dit à plusieurs reprises qu'il voyait dans cette affaire un écho à sa propre histoire, s'estimant "persécuté".

Après une promotion difficile, une avant-première à Paris le 12 novembre puis une séance à Rennes le 16 et une autre à Bordeaux mardi soir ont été annulées en raison de blocages et de perturbations par des militantes féministes.

Un hashtag #BoycottPolanski est apparu sur les réseaux sociaux et plusieurs personnalités ont indiqué qu'elles n'iraient pas voir le film, comme la secrétaire d'Etat chargée de l'Égalité femmes-hommes Marlène Schiappa ou la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye.

La polémique s'est étendue à la Belgique: pour la première fois à l'étranger, des affiches hostiles à Polanski ont été placardées dans la nuit de mardi à mercredi par des militantes féministes sur les façades de trois cinémas de Bruxelles qui programment son film.

Le Cinéma Palace organise un débat à la suite du dernier Polanski

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Le Cinéma Palace prévoit de mener un débat en décembre à la suite de la polémique autour du dernier film de Roman Polanski, J'accuse. Vendredi, le conseil d'administration se réunira pour discuter du maintien de la projection du film. Dans la nuit de mardi à mercredi, les deux cinémas UGC de Bruxelles et le Cinéma Palace ont été placardés d'affiches accusant le réalisateur d'être un violeur et un pédocriminel.

Les activistes exigent du film qu'il ne soit plus diffusé, étant donné que plusieurs femmes accusent le réalisateur franco-polonais de les avoir violées alors qu'elles étaient mineures. Sur les façades des cinémas UGC De Brouckère, UGC Toison d'Or et Cinéma Palace, le visage du cinéaste apparaît légendé de messages tels que "pédocriminel impuni", "laisse les filles tranquilles" ou encore "Polanski violeur, cinéma coupable, public complice".

Le Cinéma Palace voudrait faire la différence entre l'artiste et la personne de Roman Polanski. Les critiques avaient déjà commencé au festival de Venise, mais J'accuse avait tout de même reçu le prix du public. Pour l'instant, les projections du film se poursuivront au Cinéma Palace. Le groupe UGC n'a, quant à lui, pas encore donné de réaction.