Musique: Bruce Springsteen
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"Un des artistes qui m'a accompagné pratiquement toute ma vie. Je l'ai découvert adolescent. On dit que le voir sur scène est une expérience unique au monde et c'est le cas. Je confirme pour l'avoir vu en concert une vingtaine de fois, sur différents continents. Mais ce qui m'impressionne le plus chez lui, c'est qu'il est un auteur. Un immense auteur, ses textes sont absolument exceptionnels. Écouter Springsteen est une des choses qui me fait le plus de bien. Ses chansons permettent de se sentir un peu moins seul. Si je devais choisir un album, ce ne serait pas un des plus connus mais Tunnel of Love (sorti en 1987, NDLR), un de ses plus profonds. Globalement, je pense que c'est par l'expression artistique que beaucoup de choses nous sont rendues tolérables. Springsteen n'a jamais fait mystère de ses propres souffrances, de ses propres joies, pour mieux les partager. Ce qui est génial aussi, c'est qu'en confinement on peut regarder ses concerts, certes sans la magie de l'instant vécu mais certains sont tellement bien filmés qu'on est dedans à fond. Un concert de Springsteen, ça réveillerait un mort!" "L'ironie qui le concerne est inimaginable! Toole se croyait un écrivain raté, il s'est suicidé, et c'est sa propre mère qui a réussi à faire éditer son roman qui est devenu un succès posthume. C'est le roman qui m'a le plus fait rire, physiquement, à haute voix! Tout y est absolument brillant, et porte un regard totalement inédit sur nous. Quand vous commencez à le lire, soit ça vous plaît tout de suite et vous aurez une expérience géniale, soit ça ne vous plaît pas de suite et là je vous déconseille de continuer... Ignatius J. Reilly, le personnage principal, est rempli de défauts mais il porte un regard toujours juste et, par moments, bizarrement touchant sur tout ce qui l'entoure. Toole a placé en exergue du roman une phrase de Jonathan Swift: "Quand un génie apparaît en ce bas monde, on peut le reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui"." "Une découverte absolue! Guy est une des personnes les plus brillantes et les plus profondément drôles que je connaisse. C'est un génie, il voit les choses que je ne vois pas, il m'éclaire. J'ajoute qu'il est hyper-belge et bruxellois, dans le sens le plus noble. Si ce qu'il raconte est universel, il y a dans ce qu'il fait des choses et des notions que les Parisiens -qui l'adorent- ne pourraient percevoir. Je suis toujours ému par le parcours de quelqu'un qui trouve parfaitement sa place, ça me fait croire en l'univers. Et c'est son cas! Je l'ai vu plein de fois déjà, et j'avais déjà acheté une place pour le théâtre Molière, en juin, en choisissant un jour de repos de l'Euro (car j'allais travailler pour l'Euro à la RTBF)... En confinement, c'est facile: tu tapes "Guillermo Guiz" sur Internet et tu trouves bien sûr plein d'extraits de spectacles, mais aussi ses chroniques chez Nagui, qui sont inimaginables!" >> Guillermo Guiz, la mitraillette dans l'écriture - Notre critique de son dernier spectacle"Je recommande de les découvrir dans l'ordre où je les ai moi-même découverts. D'abord la mini-série avec Cuba Gooding Jr. et John Travolta (qui commence avec la mort de Nicole Brown et se termine par l'acquittement d'O.J. Simpson). J'ai été passionné, le mélange des images avec celles des actualités télé est incroyablement harmonieux, et les cliffhangers, le suspense à chaque fin d'épisode est fou. C'est tout ce qu'une série doit être! Ensuite, et encore supérieur, le documentaire O.J.: Made in America (qui commence à la naissance de O.J. et se termine bien après l'acquittement, sur sa condamnation au civil puis celle au pénal pour la "séquestration" à Las Vegas). Ce n'est pas tant un film sur O.J. Simpson qu'un film sur l'Amérique, sur ce qu'elle est, ses valeurs, ses excès. ça en dit tellement sur ce qu'est l'Amérique aujourd'hui encore!" "Je vois plusieurs raisons de se faire l'intégrale, avec les certitudes, comme le canonisé Heat (que je connais par coeur) mais aussi un téléfilm beaucoup moins connu comme L.A. Takedown qui en est le brouillon (c'est la même histoire). à regarder également, ses films moins connus comme Thief avec James Caan, bien sûr Manhunter (la première apparition à l'écran de Hannibal Lecter, avant Le Silence des agneaux), et The Insider avec Russell Crowe, reconnu par les cinéphiles et dans lequel il parvient à être spectaculaire alors qu'il ne se passe absolument rien, à créer une tension inouïe avec... un échange de fax. Enfin son film que j'adore et qui fut pourtant vilipendé, critiqué, pour lequel on lui a craché dessus: Miami Vice, le film (je n'avais pas vu la série), dont la mise en scène est par moments totalement magistrale."