Le scénario du film s'inspire de l'histoire vraie d'un jeune Polonais de 19 ans s'étant fait passer pour prêtre pendant plusieurs mois. Investi, il célébrait des mariages et des baptêmes sans trop se soucier du dogme officiel, à la grande satisfaction de ses ouailles. L'habit fait-il effectivement le moine ou bien l'authentique vocation n'est-elle pas plutôt affaire de vérité intérieure? C'est la question que pose Jan Komasa dans Corpus Christi, vertigineux drame social où le génial cinéaste varsovien excelle à filmer l'invisible. Anti-héros à la gueule d'atmosphère exsangue (formidable Bartosz Bielenia), Daniel y sort d'un centre de détention pour mineurs où le meurtre qu'il a commis par le passé ne cesse mentalement de le ramener. Censé aller travailler le bois au sein d'une menuiserie d'un petit village du sud-est de la Pologne, cet agneau mystique aux imprévisibles poussées de fièvre préfère alors s'emparer des rênes de la paroisse du coin, point de rencontre vital d'une communauté conservatrice portant douloureusement le deuil. Lumineux, les prêches du charismatique usurpateur font à la fois office de cataplasme et d'électrochoc, double bénédiction soulignée par le ton idéalement ambigu d'un film qui manie aussi bien l'humour acide que la violence crue. Grâce en soit rendue à Jan Komasa, dont les choix de mise en scène précis échappent miraculeusement au piège du formalisme amidonné. Alléluia!

Drame de Jan Komasa. Avec Bartosz Bielenia, Aleksandra Konieczna, Eliza Rycembel. 1h55. Sortie: 07/10. ****

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Le scénario du film s'inspire de l'histoire vraie d'un jeune Polonais de 19 ans s'étant fait passer pour prêtre pendant plusieurs mois. Investi, il célébrait des mariages et des baptêmes sans trop se soucier du dogme officiel, à la grande satisfaction de ses ouailles. L'habit fait-il effectivement le moine ou bien l'authentique vocation n'est-elle pas plutôt affaire de vérité intérieure? C'est la question que pose Jan Komasa dans Corpus Christi, vertigineux drame social où le génial cinéaste varsovien excelle à filmer l'invisible. Anti-héros à la gueule d'atmosphère exsangue (formidable Bartosz Bielenia), Daniel y sort d'un centre de détention pour mineurs où le meurtre qu'il a commis par le passé ne cesse mentalement de le ramener. Censé aller travailler le bois au sein d'une menuiserie d'un petit village du sud-est de la Pologne, cet agneau mystique aux imprévisibles poussées de fièvre préfère alors s'emparer des rênes de la paroisse du coin, point de rencontre vital d'une communauté conservatrice portant douloureusement le deuil. Lumineux, les prêches du charismatique usurpateur font à la fois office de cataplasme et d'électrochoc, double bénédiction soulignée par le ton idéalement ambigu d'un film qui manie aussi bien l'humour acide que la violence crue. Grâce en soit rendue à Jan Komasa, dont les choix de mise en scène précis échappent miraculeusement au piège du formalisme amidonné. Alléluia!