James Gray s'aventurant sur le terrain cosmique de la science-fiction? Il y avait là de quoi être intrigué, à tout le moins. En décembre dernier, alors en pleine post-production d'Ad Astra (lire la critique), le génial réalisateur de Little Odessa, The Yards ou encore Two Lovers s'accordait un break en présidant le jury du Festival International du Film de Marrakech. Éreinté, en proie au doute, il s'y livrait à l'exercice délicat de l'interview sans que ni lui ni, a fortiori, le journaliste n'ait vu l'objet finalisé. À l'aveugle, donc, mais en toute sincérité. "La post-production d'un film de science-fiction est quelque chose de très usant, soupirait-il alors dans un sourire pincé. Le tournage entre l'Europe et la jungle amazonienne de The Lost City of Z, mon précédent film, avait été exténuant. Assez naïvement, je pensais que ce serait moins rude, cette fois, physiquement parlant. Il n'en est rien. Concrètement, j'en suis arrivé à l'étape où je passe douze à quinze heures par jour assis dans une salle de projection pour superviser des centaines de plans avec un pointeur laser. "Bon... Il y a un peu de magenta dans le coin de cette image et j'ajouter...