On parle beaucoup d'elle sur la scène du cinéma d'auteur européen. On dit qu'elle a la cote auprès des producteurs comme des institutions. On évoque surtout et heureusement le grand talent de cette jeune cinéaste hollandaise, dont le remarquable autant qu'inconfortable Dirty God vient confirmer les promesses de Hemel (2012, à l'érotisme bouillant, défiant les tabous) et de Zürich (2015, portrait en mouvement d'une femme prisonnière d'un passé douloureux). Sacha Polak a eu l'idée de son nouveau film voici plusieurs années déjà, en croisant à un festival musical "une jeune femme au visage couvert de cicatrices, probablement liées au feu". "J'ai détourné le regard, et me suis aperçue que tous avaient la même réaction, se souvient la réalisatrice, cette fille ne pouvait pas cacher son état, ni prendre de vacances de cet état, mais elle avait décidé de sortir, d'être vu...