En villégiature sur la côte grecque, Leda (Olivia Colman), une professeure américaine secrète et solitaire, a la désagréable surprise de voir un jour son horizon envahi par une famille imposante et vaguement inquiétante, saturant l'espace de sa présence. Si le premier contact est tendu, elle ne peut toutefois s'empêcher d'être fascinée par ...

En villégiature sur la côte grecque, Leda (Olivia Colman), une professeure américaine secrète et solitaire, a la désagréable surprise de voir un jour son horizon envahi par une famille imposante et vaguement inquiétante, saturant l'espace de sa présence. Si le premier contact est tendu, elle ne peut toutefois s'empêcher d'être fascinée par la relation unissant Nina (Dakota Johnson) à sa fille, leur complicité ayant le don de raviver les souvenirs de sa propre maternité lorsque, jeune mère de deux fillettes, elle sentait sa vie lui échapper. Et d'adopter un comportement toujours plus erratique, comme en écho à cette époque où elle aspirait plus que tout à se soustraire au carcan familial... Pour son premier long métrage comme réalisatrice, la comédienne Maggie Gyllenhaal (Donnie Darko, Secretary, Crazy Heart...) adapte Poupée volée, de la romancière italienne Elena Ferrante. Et s'immisce dans l'inconscient de cette femme au bord du vacillement, dont le film adopte le point de vue exclusif en multipliant les allers et retours entre présent et passé. Troublant, The Lost Daughter envisage la maternité sous un angle aussi rare qu'acéré, tant Olivia Colman que Jessie Buckley, qui interprète Leda jeune, préservant au personnage une opacité bienvenue. Aussi élégant qu'intense, le film, récompensé à la Mostra de Venise, n'en semble pas moins par moments tanguer à l'instar de son héroïne - l'insistance du malaise, un suspense qui n'en est pas tout à fait un, ou une "délocalisation" discutable de l'intrigue en Grèce. Sans qu'il y ait là pour autant rien de rédhibitoire.