C'est la madeleine filmique de l'été. Sous l'impulsion du décidément indispensable cinéma Galeries à Bruxelles, Donnie Darko, diamant noir du cinéma indépendant américain, ressort sur les écrans belges dans sa version d'origine mais aussi en un director's cut inédit chez nous. Réalisé en 2001 par un total inconnu, alors âgé d'à peine 25 ans, le film s'est depuis taillé une place très spéciale au panthéon des oeuvres de genre à même de vous retourner la tête. Ovni retors au confluent du récit d'apprentissage parano, de la science-fiction pure et du thriller psychologique, Donnie Darko n'en finit pas de fasciner, sa médusante structure narrative en ruban de Möbius invitant à des visions répétées comme aux théories les plus folles. Pourquoi le récit particulièrement barré de 28 jours de la vie d'un adolescent perturbé ayant miraculeusement échappé à la mort, et s'intéressant de manière obsessionnelle à la question du voyage dans le temps après qu'un lapin géant lui a annoncé que la fin du monde est proche, résonne-t-il toujours autant, à près de 20 ans de distance? Cinéaste-météore à la trajectoire kamikaze (grand film malade et incompris, son Southland Tales a fait un flop retentissant en 2006 et il n'a rien tourné depuis The Box en 2009), Richard Kelly a accepté de plonger tête la première dans son propre rabbit hole et d'arpenter avec nous les couloirs du temps afin d'approcher au mieux le mystère qui scintille au coeur de son chef-d'oeuvre culte.
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