Le Champenois Hubert Charuel, 32 ans tout mouillé, diplômé de la Fémis, a bien failli devenir agriculteur comme ses parents avant d'opter pour le cinéma. Petit Paysan, son premier long métrage, le voit évoluer à la croisée des chemins puisqu'il y investit le terrain de jeu de son enfance -la ferme familiale, donc- pour raconter le combat désespéré d'un éleveur de vaches laitières obsédé par le mal invisible qui ronge son troupeau. Entre cinéma de genre et ruralité, penchant monomaniaque et ancrage domestique, le film, haletant thriller dramatique en milieu agricole, creuse au fond le même sillon que son court métrage antérieur, l'hilarant K-Nada (2014). Étouffant, parano, c'est pourtant au récit tendu d'une obsession que s'attelle cette fois Hubert Charuel, la solitude de l'éleveur de fond empruntant devant sa caméra les accents d'une tragédie quasi mentale, court-circuitée dans son naturalisme par de soudaines poussées de fièvre subjective. Humanisées, les vaches y rendent les êtres à leurs instincts les plus primitifs. Et Charuel de travailler des motifs aussi complexes à mettre en forme que la contamination ou l'écroulement symbolique d'un monde avec une sidérante limpidité. Un grand cinéaste est né.

De Hubert Charuel. Avec Swann Arlaud, Sara Giraudeau, Isabelle Candelier. 1h30. Sortie: 18/10. ****

>> Lire également notre interview de Hubert Charuel.

Le Champenois Hubert Charuel, 32 ans tout mouillé, diplômé de la Fémis, a bien failli devenir agriculteur comme ses parents avant d'opter pour le cinéma. Petit Paysan, son premier long métrage, le voit évoluer à la croisée des chemins puisqu'il y investit le terrain de jeu de son enfance -la ferme familiale, donc- pour raconter le combat désespéré d'un éleveur de vaches laitières obsédé par le mal invisible qui ronge son troupeau. Entre cinéma de genre et ruralité, penchant monomaniaque et ancrage domestique, le film, haletant thriller dramatique en milieu agricole, creuse au fond le même sillon que son court métrage antérieur, l'hilarant K-Nada (2014). Étouffant, parano, c'est pourtant au récit tendu d'une obsession que s'attelle cette fois Hubert Charuel, la solitude de l'éleveur de fond empruntant devant sa caméra les accents d'une tragédie quasi mentale, court-circuitée dans son naturalisme par de soudaines poussées de fièvre subjective. Humanisées, les vaches y rendent les êtres à leurs instincts les plus primitifs. Et Charuel de travailler des motifs aussi complexes à mettre en forme que la contamination ou l'écroulement symbolique d'un monde avec une sidérante limpidité. Un grand cinéaste est né.