À l'instar du Made in Dagenham de Nigel Cole, Misbehaviour, de Philippa Lowthorpe (lire son interview dans le Focus de ce jeudi), s'inscrit au coeur des luttes féministes qui devaient agiter la société britannique voici 50 ans. L'action se situe en 1970, alors que le concours de Miss Monde va se tenir à Londres. Si l'organisation de l'événement fa...

À l'instar du Made in Dagenham de Nigel Cole, Misbehaviour, de Philippa Lowthorpe (lire son interview dans le Focus de ce jeudi), s'inscrit au coeur des luttes féministes qui devaient agiter la société britannique voici 50 ans. L'action se situe en 1970, alors que le concours de Miss Monde va se tenir à Londres. Si l'organisation de l'événement fait l'objet de critiques toujours plus nombreuses, en raison de son sexisme mais pas que, rien ne semble pouvoir menacer un business juteux. Le concours, présenté par Bob Hope (Greg Kinnear), est en effet regardé par des millions de téléspectateurs. C'est sans compter toutefois sur le Women's Liberation Movement, un groupe de jeunes activistes féministes qui, sous la conduite de Sally Alexander (Keira Knightley), une étudiante en Histoire, et de Jo Robinson (Jessie Buckley), une militante rebelle, va décider d'y mettre son grain de sel. Inspiré de faits réels, le film de Philippa Lowthorpe traduit joliment l'effervescence d'alors, tout en restituant à l'histoire ses enjeux multiples. Expression bouffonne et dégradante du patriarcat, le show de 1970 devait servir de plateforme inespérée pour le MLF, non sans couronner pour la première fois une candidate de couleur, Jennifer Hosten, Miss Grenade (Gugu Mbatha-Raw), une jeune femme aux motivations bien différentes et pas moins légitimes que celles des activistes. Tensions que Misbehaviour expose plus qu'il ne les explore, préférant la légèreté aux aspérités, suivant une recette éprouvée du cinéma anglais. Ce qu'il perd en mordant, le film le gagne en allant, tout en résonnant limpidement, cela va sans dire, avec le présent.