L'atmosphère est un peu tendue quand on retrouve en mai dernier le réalisateur colombien Ciro Guerra et sa productrice et compagne de longue date Cristina Gallego sur une petite plage cannoise dévolue à la section de la Quinzaine dont Les Oiseaux de passage vient de faire l'ouverture. Le couple, en effet, vient tout juste de se séparer, mais continue à défendre ce film ambitieux signé à deux en un binôme partagé entre l'enthousiasme visible et l'agacement mutuel. Créativement parlant, la barre a également été placée très haut pour eux: présenté à la même Quinzaine des Réalisateurs cannoise en 2015, L'Étreinte du serpent, superbe saga amazonienne psyché réalisée par l'un et produite par l'autre, leur a valu une large reconnaissance internationale, en effet, jusqu'aux Oscars il y a trois ans où il concourait pour la statuette du meilleur film étranger. "Le succès de L'Étreinte du serpent nous a amenés à accompagner le film bien plus longtemps que ce que nous avions anticipé, et donc contraints à retarder considérablement la mise en chantier des Oiseaux de passage. C'est un projet dont nous discutons depuis une bonne dizaine d'années déjà. Et nous brûlions de nous y atteler", se remémore Ciro Guerra.
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