Après avoir passé huit années en Italie à observer, parmi tant d'autres, le travail du Caravage (1571 - 1610) et celui de Carrache (1560 - 1609), Pierre-Paul Rubens (1577 - 1640) revient à Anvers en 1600. La vigueur est avec lui. Il a 31 ans et s'apparente à un astre radieux qui n'a déjà "plus rien à apprendre", si l'on en croit l'historien de l'art Ernst Gombrich. Il se murmure alors que personne, au nord des Alpes, ne peut rivaliser avec son doigté pour "brosser figures et draperies". Pas plus que quiconque aurait l'audace d'imaginer les grandes compositions dont il s'est fait une spécialité. C'est dès cette époque que naît la légende de celui qui restera comme "le" peintre du camp catholique, le virtuose incontestable de la Contre-Réforme. S'il a régné en maître sur son époque, c'est que, au-delà de ce qu'il a glané chez les maîtres italiens, Rubens possédait ce talent tout flamand de restituer la texture d'une étoffe, le modelé d'un visage ou l'éclat d'une chevelure. Mais cet homme de cour savait également faire montre de cette sûreté de l'oeil face à la monumentalité, aux agencements les plus débordants. Pourtant, près de quatre siècles plus tard, les compositions de Rubens lassent rapidement le regardeur contemporain. Il est souvent difficile de vibrer pour cet héroïsme allégorique, cette généros...