Il aurait fallu que ce soit l'un ou l'autre, voire l'un après l'autre. Mais certainement pas les deux en même temps. On est en droit de considérer cela comme une erreur de casting, un faux pas teinté d'anachronisme: une exposition réunissant en un même lieu deux géants tels que Jean-Michel Basquiat (1960 - 1988) et Egon Schiele (1890 - 1918) relève de l'absurdité. "Qui a deux femmes perd son âme, qui a deux maisons perd sa raison", prévenait le cinéaste Eric Rohmer en préambule des Nuits de la pleine lune. C'est de l'une de ces symptomatiques spirales inflationnistes de tout étreindre qu'a fait preuve la fondation Louis Vuitton en programmant un duo de têtes d'affiche de cette importance. Faut-il passer son chemin pour autant? Certainement pas. En revanche, on recommande au curieux soucieux d'une découverte sans déconvenue de scinder les deux visites. Pour cause: le propos est de ceux qui écrasent le regardeur. Son désir de voir n'est pas pris en compte car on lui envoie au visage beaucoup plus qu'il ne pourra jamais en absorber.
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