Karine Pontiès nous avait habitués à aller voir plus à l'est, ayant tissé depuis plusieurs années des liens entre sa compagnie Dame de Pic et des artistes en République tchèque, par exemple. En 2016, la chorégraphe franco-belge a l'opportunité de travailler avec la section danse contemporaine du Ballet de Moscou, l'occasion pour elle de découvrir l'héritage d'une école à la notoriété qui n'est plus à faire. Habituée à travailler avec les mêmes danseurs, Pontiès avoue avoir dû réapprendre en terrain moins connu mais aussi tester les limites des corps de ces artistes, jusqu'à donner l'impression de ne plus en être vraiment les maîtres.

Le résultat de cette expérience s'intitule Every Direction Is North et porte dans son titre la sensation de désorientation générale qu'entend nous communiquer le groupe formé par sept interprètes. D'abord perclus dans un réduit carré, ces individus s'éparpillent tout en s'évitant des épaules. Quand le grand plateau s'éclaire, il dévoile alors un terrain de jeu quasiment nu et sans limites pour une chaîne humaine cherchant à se coordonner. Tous se tiennent par les bras, portés par un flot invisible, forment volutes et rondes désordonnées. La danse est ici précise éminemment technique, exécutée avec beaucoup d'énergie, suivant une partition originale et jazzy de David Monceau, à la batterie très présente (un peu envahissante par moments).

© Alexander Kabanov

Les mains se lâchent, parfois. De ce jeu de garnements dissipés s'extraient aussi de belles individualités et des solos qui aiment jouer avec les rares éléments de scénographie, un ensemble de caisses et planches de bois servant tour à tour de plans inclinés de bancs ou de table.

Dans cette pièce marquée par la technicité de l'école russe, Karine Pontiès y injecte quelques-unes de ses marques, notamment les lumières, ou encore sa variation des espaces tantôt confinés, tantôt larges. Une pièce qui manque parfois d'émotion, mais qui nous impressionne par la virtuosité de ses performeurs.

Every Direction Is North, une chorégraphie de Karine Pontiès, Compagnie Dame de Pic/Ballet Moscou, jusqu'au 08/02 au Théâtre National, Bruxelles, le 11/02 au CC Bruges, et le 14/02 aux Écuries de Charleroi-Danse à Charleroi.

Karine Pontiès nous avait habitués à aller voir plus à l'est, ayant tissé depuis plusieurs années des liens entre sa compagnie Dame de Pic et des artistes en République tchèque, par exemple. En 2016, la chorégraphe franco-belge a l'opportunité de travailler avec la section danse contemporaine du Ballet de Moscou, l'occasion pour elle de découvrir l'héritage d'une école à la notoriété qui n'est plus à faire. Habituée à travailler avec les mêmes danseurs, Pontiès avoue avoir dû réapprendre en terrain moins connu mais aussi tester les limites des corps de ces artistes, jusqu'à donner l'impression de ne plus en être vraiment les maîtres.Le résultat de cette expérience s'intitule Every Direction Is North et porte dans son titre la sensation de désorientation générale qu'entend nous communiquer le groupe formé par sept interprètes. D'abord perclus dans un réduit carré, ces individus s'éparpillent tout en s'évitant des épaules. Quand le grand plateau s'éclaire, il dévoile alors un terrain de jeu quasiment nu et sans limites pour une chaîne humaine cherchant à se coordonner. Tous se tiennent par les bras, portés par un flot invisible, forment volutes et rondes désordonnées. La danse est ici précise éminemment technique, exécutée avec beaucoup d'énergie, suivant une partition originale et jazzy de David Monceau, à la batterie très présente (un peu envahissante par moments).Les mains se lâchent, parfois. De ce jeu de garnements dissipés s'extraient aussi de belles individualités et des solos qui aiment jouer avec les rares éléments de scénographie, un ensemble de caisses et planches de bois servant tour à tour de plans inclinés de bancs ou de table. Dans cette pièce marquée par la technicité de l'école russe, Karine Pontiès y injecte quelques-unes de ses marques, notamment les lumières, ou encore sa variation des espaces tantôt confinés, tantôt larges. Une pièce qui manque parfois d'émotion, mais qui nous impressionne par la virtuosité de ses performeurs.