Présentation de la Mostra de Venise: une édition XXL

Noah Baumbach © Getty
Jean-François Pluijgers
Jean-François Pluijgers Journaliste cinéma

La 79e Mostra de Venise s’ouvre ce mercredi sur White Noise, production Netflix de Noah Baumbach. Un indicateur de tendance pour une édition réunissant un plateau prestigieux. Présentation.

Voilà quelques années déjà que la Mostra de Venise, le plus ancien festival de cinéma au monde, a retrouvé son rang sous l’impulsion d’Alberto Barbera, son directeur artistique. Finie, l’époque chagrine où le Lido était déserté à mi-parcours par les professionnels, pressés de rejoindre Toronto : Venise a réussi à se reprofiler en rampe de lancement idéale pour les Oscars – des films comme Gravity, The Shape of Water, La La Land, Joker ou Nomadland y ont été découverts et, pour certains, couronnés –, tout en continuant à attirer la crème du cinéma d’auteur international. Ainsi, par exemple, de L’Evénement, d’Audrey Diwan, Lion d’or en 2021. L’intransigeance de Cannes à l’égard de Netflix a par ailleurs profité à la Sérénissime qui a généreusement ouvert ses salles à la plateforme ; de quoi exacerber la rivalité entre les deux festivals.

Une tendance que vient confirmer cette 79e édition aux accents largement américains, où l’on retrouve pas moins de cinq productions du géant du streaming, avec en ouverture déjà, ce mercredi soir, White Noise, de Noah Baumbach. Suivront, dans le désordre, le fort attendu Blonde, adapté par Andrew Dominik de Joyce Carol Oates, avec Ana de Armas dans le rôle de Marilyn Monroe, Bardo, d’Alejandro Gonzalez Inarritu,  et Athena, de Romain Gavras, tous en compétition.

S’y ajoute, incursion du côté des séries, Copenhagen Cowboy, de Nicolas Winding Refn. Avec Argentina, 1985, de Santiago Mitre, une production Amazon concourant également pour le Lion d’or pour faire l’appoint, on peut dire que le streaming se portera bien sur le Lido. La suite du programme est tout aussi prometteuse. Côté compétition encore, Cate Blanchett viendra présenter en personne TAR, du revenant Todd Field ; Darren Aronofsky proposera The Whale, avec un Brendan Fraser méconnaissable ; Joanna Hogg retrouve Tilda Swinton pour The Eternal Daughter ; Frederick Wiseman tente le pari de la fiction avec Un couple, de même d’ailleurs qu’Alice Diop avec Saint Omer. Et l’on en passe, comme Bones and Hall, où Luca Guadagnino réunit Timothée Chalamet et Mark Rylance, Love Life du Japonais Kôji Fukada, ou No Bears, dernière réalisation en date de Jafar Panahi, empêché comme l’on sait. A quoi s’ajoutent les nouveaux opus des réalisatrices Rebecca Zlotowski (Les enfants des autres, avec Virginie Efira) ou Susanna Nicchiarelli (Chiara), parmi d’autres.

Même abondance dans les autres sections, où l’on pointe notamment la présence de deux anciens lauréats du Lion d’or, Lav Diaz pour When the Waves Are Gone et Kim Ki-duk pour un Call of God posthume, rejoints hors-compétition par le vétéran Walter Hill (Dead for a Dollar) mais aussi Olivia Wilde, dont le Don’t Worry Darling réunit le le duo Florence Pugh – Harry Styles. S’y ajoutent Georgina Oakley (Blue Jean) ou Steve Buscemi (The Listener) aux Giornate Degli Autori, ou les Français Jean-Paul Salomé (La Syndicaliste) et Sébastien Marnier (L’origine du mal), aux Orizzonti. Soit un aperçu d’un programme XXL, où figure également un film belge, le court métrage The Fruit Tree, d’Isabelle Tollenaere…

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