Douceur, biographie et thriller teintent la rentrée ciné

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Jean-François Pluijgers Journaliste cinéma
Nicolas Clément Journaliste cinéma

La rentrée du cinéma se fait en grande pompe avec, notamment, des réalisations primées au Festival de Cannes.

Un beau matin

Après un Bergman Island modérément convaincant, Mia Hansen-LØve revient à la sève de son cinéma, renouant avec la veine douce-amère qui irriguait Le Père de mes enfants. Et signe un film lumineux gravitant autour de Sandra (Léa Seydoux), une jeune femme élevant seule sa fille tout en s’occupant de son père malade (Pascal Greggory), moment où elle voit resurgir dans sa vie un ancien ami, Clément (Melvil Poupaud). Portée par un élan romanesque souverain, la suite voit la cinéaste osciller avec une élégance feutrée entre fin de vie et naissance de l’amour pour livrer ce qui est sans doute son plus beau film, un drame délicat où l’omniprésente Léa Seydoux brille d’un éclat singulier.

De Mia Hansen-LØve. Sortie le 19 octobre.

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Holy Spider

Zar Amir Ebrahimi a remporté le prix d’interprétation féminine lors du dernier festival de Cannes pour Holy Spider. Elle y est remarquable sous les traits d’une journaliste enquêtant, dans l’Iran de 2001, sur une série de féminicides sur lesquels les autorités ne semblent guère pressées de faire toute la lumière. L’occasion pour le réalisateur danois Ali Abbasi (Border) de sonder la condition des femmes dans son pays d’origine, sujet au cœur d’un thriller étouffant et haletant, cousin de Zodiac.

D’Ali Abbasi. Sortie le 26 octobre.

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Blonde

Signe des temps: c’est sur une plateforme -Netflix pour ne point la nommer- que sort l’un des films les plus attendus de la rentrée cinéma, à savoir Blonde, adaptation par Andrew Dominik (The Assassination of Jesse James) du roman éponyme de Joyce Carol Oates. Soit une biographie brouillant la frontière entre réalité et fiction pour tenter de cerner au plus près la personnalité de Norma Jeane Baker/Marilyn Monroe -incarnée pour le coup par une mimétique Ana de Armas (No Time to Die).

D’Andrew Dominik. Sortie le 23 septembre.

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Close

Le défi était de taille pour Lukas Dhont, dont le premier long métrage légitimement célébré, Girl (2018), lui avait permis de rafler la Caméra d’or à Cannes et l’avait même envoyé de l’autre côté de l’Atlantique pour faire campagne pour les Oscars. Comment réussir son deuxième film après pareil coup d’éclat? La réponse qu’apporte aujourd’hui le jeune réalisateur gantois est limpide: en revenant à soi et en tendant vers l’universel à partir d’une matière on ne peut plus personnelle. Dans Close, l’amitié tendre et fusionnelle qui rassemble Léo et Rémi, deux préadolescents, alimente à l’école les soupçons de relation homosexuelle. Ce qui pousse le premier à prendre ses distances avec le second, et amène le récit sur le terrain du drame. Brutal… Grand Prix ayant littéralement explosé l’applaudimètre sur la Croisette en mai dernier, le film, qui fera l’ouverture du festival de Gand en octobre avant de déferler sur les salles belges début novembre, joue de la subtile polysémie de son titre pour travailler aussi bien le motif de la proximité que celui de la fermeture. Le résultat, à la fois pudique et ultrasensible, charrie des torrents d’émotions.

De Lukas Dhont. Sortie le 02 novembre.

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Triangle of Sadness

Cinq ans après The Square, Triangle of Sadness a valu au Suédois Ruben Östlund de rejoindre le cercle très fermé des cinéastes deux fois lauréats de la Palme d’or cannoise. Découpé en trois actes, le film s’immisce dans l’univers des ultra-riches à la suite d’un couple de jeunes stars de la mode participant à une croisière huppée. La satire sociale manque toutefois singulièrement de finesse, le réalisateur déployant une mécanique certes efficace, mais plus encore complaisante et tape-à-l’œil.

De Ruben Östlund. Sortie le 28 septembre.

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Chronique d’une liaison passagère

Deux ans après le joli succès de Les Choses qu’on dit, les choses qu’on fait, Emmanuel Mouret, ce brillant chroniqueur du sentiment amoureux, revient avec une nouvelle fantaisie romantique où il capture le déploiement de la parole dans ce qu’il a de plus cinématographique. Sandrine Kiberlain et Vincent Macaigne y incarnent deux amants engagés à ne se voir que pour le plaisir et la légèreté, mais de plus en plus accaparés par leur complicité. Une délicieuse comédie rythmée par La Javanaise.

D’Emmanuel Mouret. Sortie le 14 septembre.

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