Critique | BD

La Promotion

3,5 / 5

Victor Pellet, Editions Futuropolis

La Promotion

128 pages

3,5 / 5
Colin Bouchat Journaliste BD

Après le décès de sa mère, Léo a été placé enfant dans un foyer d’accueil. Il y a été plutôt bien accueilli. Pour autant, la vie n’y a pas été facile. Il s’est isolé des autres, incapable de contenir ses colères ou de suivre les règles. Aujourd’hui, le jeune adulte n’arrive pas à se projeter dans le futur, ce qui commence à peser sur son couple. Cela fait des mois que sa compagne le pousse à postuler auprès d’un bureau d’architecture comme maquettiste. Mais le jeune homme continue à travailler dans la station-service où il effectue des tâches ingrates. Il visite régulièrement une famille d’immigrés vivant dans un campement précaire non loin de son lieu de travail et leur apporte des vivres impropres à la vente. Pour sa première bande dessinée éditée, Victor Pellet (prix Raymond Leblanc 2019) fait alterner dans son récit la vie de Léo enfant et celle de l’adulte en devenir. L’auteur s’emploie à faire le lien entre la jeunesse brisée du jeune homme, son attachement indéfectible à cette famille dans le besoin -plus particulièrement au gamin dont la situation fait écho à celle de l’enfant qu’il était- et son incapacité à prendre des décisions quant à son avenir. D’une grande délicatesse et avec très peu de moyens, son dessin parvient à traduire les sentiments qui animent les différents protagonistes. Le trait monochrome au crayon, entre gris et brun, rend parfaitement les ambiances des lieux traversés par Léo, Pellet jouant parfaitement entre remplissages -plus ou moins denses selon le contexte- et parties laissées vides. Si cette technique fige quelque peu le dessin, le résultat baigne d’une lumière douce l’ensemble de l’histoire, passant par là une couche de baume apaisant bienvenue.

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