4 BD qui renouvellent les représentations du désir féminin

France profonde, de Swann Dupont: une plongée en BD dans l’âge d’or du cinéma érotique.
Olivier Van Vaerenbergh
Olivier Van Vaerenbergh Journaliste livres & BD

Quand des autrices s’emparent de l’érotisme, cela change l’histoire de la BD. La preuve en 4 albums.

Une obsession

De Nine Antico, éditions Dargaud, 292 pages.

La cote de Focus: 4,5/5

Nine Antico embarque à Venise au lendemain d’une séparation douloureuse. Sa gondole va glisser sur les canaux de ses fantasmes, dévoiler l’architecture de ses souvenirs, des meilleurs aux pires, et questionner la part de conditionnement et de volonté dans la construction de ses désirs. Un trait noir et expressif au plus près de ses ressentis et de la redécouverte de son corps entravé jusque-là dans sa liberté de jouir –aussi beau que puissant.

Sibylline

De Sixtine Dano, éditions Glénat, 264 pages.

La cote de Focus: 4/5

Ce premier album de Sixtine Dano a fait sensation à sa sortie en janvier dernier, tant par sa sensualité graphique, à l’encre et au fusain, que par son propos, ouvrant une année qui a replacé les femmes et les autrices au cœur de la thématique du désir. Ici, le désir est souvent toxique: Raphaëlle, étudiante de 19 ans fraîchement débarquée à Paris, emprunte les chemins de la prostitution de luxe, qui la mèneront entre autres à la découverte de sa propre féminité et de son rapport aux hommes.

Les Yeux d’Alex

De Claire Fauvel, éditions Glénat, 200 pages.

La cote de Focus: 4/5

Alex, jeune photographe marseillaise faussement cool, participera au prestigieux festival d’Arles si elle est capable d’y présenter un sujet inédit. Et quoi de plus inédit dans le monde de la photographie, mais aussi de la bande dessinée, que d’inverser les rôles et de proposer des représentations érotisées des hommes, dans le regard, l’objectif et le pinceau d’une femme? Trois ans de travail à la gouache auront été nécessaires pour réaliser ce récit d’émancipation qui fera date dans la carrière de Claire Fauvel

France profonde

De Kris, Swann Dupont et Eliot, éditions Albin Michel, 208 pages.

La cote de Focus: 3,5/5

En 1973 à Paris, on pouvait aller voir Les Aristochats en même temps que Prenez la queue comme tout le monde. Le début de la fin de l’âge d’or du cinéma érotique dans lequel débarque Jeanne Venucci, bien décidée à concrétiser son rêve: réaliser elle aussi des films érotiques voire pornos… au moment même où la Mondaine infiltre le milieu pour y mettre le holà. Une immersion entre polar et comédie dans laquelle la scénariste Swann Dupont ne cache rien de son objectif: rendre les films de Q à l’autre moitié de l’humanité!

Vous avez repéré une erreur ou disposez de plus d’infos? Signalez-le ici

Expertise Partenaire