
Arrêt sur image (5/6): Sohei Nishino, la carte et le territoire
Chaque semaine, Focus lève le voile sur le travail de l’un des finalistes du prix photographique Pictet 2018. Cette semaine: Sohei Nishino.
Dans le manga Furari, Jirô Taniguchi retraçait le destin passionnant d’Inô Tadataka, cartographe japonais du XVIIIe dont les relevés ont servi à établir la première carte de pays. Pour ce faire, cet infatigable aventurier a parcouru l’île pendant 17 ans, s’enfilant quelque 35 000 kilomètres pour restituer l’image la plus fidèle possible d’un territoire que personne ne pouvait se représenter.
Deux-cents ans plus tard, la vie de Tadataka a inspiré le photographe Sohei Nishino qui s’est fixé une mission comparable: loger une géographie au coeur d’un imaginaire. Concrètement, il a sillonné les rues des villes de son choix à la faveur de séjours d’au moins trois mois. Il en restitue les multiples facettes par le biais de dioramas qui panachent photographie, collage, carte et psychogéographie -cette intériorisation peu fiable de l’espace. Le tout non sans une dévotion sidérante: l’homme utilise des centaines de rouleaux de pellicule dont il extrait des milliers d’images qu’il tire à la main et assemble pour former des compositions grand format.
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