2025 l’a encore démontré: les génériques des séries télé sont parfois des petits chefs-d’œuvre animés rivalisant de créativité et d’inventivité. La preuve en images.
It: Welcome to Derry
«Descente dans la folie vue à travers une esthétique très naïve», le générique de Welcome to Derry fait référence aux visuels commerciaux et touristiques américains de la fin des années 1950 et du début des années 1960. Notamment aux cartes postales et aux pubs d’époque. La chanson A Smile and a Ribbon de Patience & Prudence lui va à merveille.
White Lotus (saison 3)
Après le papier peint tropical pour sa première saison installée à Hawaï et les fresques de la Renaissance italienne pour sa deuxième qui se déroule en Sicile, la troisième livraison de White Lotus, plantée en Thaïlande, s’inspire de l’iconographie bouddhiste et des représentations occidentales de la spiritualité asiatique. Les spécialistes parlent d’hyperesthétisation du générique télévisuel.
Severance (saison 2)
Dans le générique de Severance saison 2, Mark Scout explore une grotte verte (représentant son cerveau) en pyjama rouge. Un voyage métaphorique vers la découverte de soi et le traumatisme. L’artiste digital berlinois Oliver Latta (Extraweg) repousse les limites de la narration visuelle avec cette intro angoissante et surréaliste, splendide et perturbée.
Ceci n’est pas un crime
Ce n’est pas d’un remarquable générique d’ouverture mais d’un joli générique de fin dont peut se targuer le whodunit belge réalisé par Hans Herbots. Chapeau melon, pipe et ciel nuageux… Le générique de Ceci n’est pas un crime zoome et se promène sur l’œuvre de René Magritte, un des personnages principaux de cette murder party surréaliste particulièrement soignée, mais aussi sur celle des autres suspects: Salvador Dalì, Max Ernst, Man Ray…
Only Murders in the Building (saison 5)
C’est à une artiste espagnole, illustratrice et dessinatrice de bande dessinée ayant collaboré avec le Washington Post, The Wall Street Journal et National Geographic que Steve Martin a confié le générique d’Only Murders in the Building. Inspirée par Fenêtre sur cour d’Hitchcock et le travail de l’auteur de BD Chris Ware, Laura Pérez (Nocturnos) a collaboré avec le studio américain Elastic.
Avant eux…
Ma sorcière bien-aimée (1964)
Créé par le studio d’animation Hanna-Barbera, géniteur de Tom&Jerry, de Scooby-Doo et des Pierrafeu (chez qui les personnages de Jean-Pierre et de Samantha ont d’ailleurs fait une brève apparition), le générique de Ma sorcière bien-aimée était déjà, comme celui de Batman, un court dessin animé. Avec évidemment son balai, son chapeau et son petit mouvement de nez magique .
Les Mystère de l’Ouest (1965)
Véritable ovni, à l’image de la série qui, au milieu des années 1960, mélangeait western, espionnage et science-fiction, le générique des Mystères de l’Ouest se présente sous la forme d’une bande dessinée en mouvement. Une séquence animée signée par Friz Freleng, le créateur de Sam le pirate et de La Panthère rose. Sur une musique inoubliable de Richard Markowitz (Les Envahisseurs, Les Rues de San Francisco).
Desperate Housewives (2004)
Accompagné d’une musique signée par Danny Elfman, compositeur attitré de Tim Burton, le générique de Desperate Housewives détourne des œuvres iconographiques célèbres comme Les Epoux Arnolfini, de Jan van Eyck ou American Gothic, de Grant Wood, pour mettre en scène différentes femmes au foyer désespérées à travers le temps. Un bijou d’humour et d’inventivité.
Mad Men (2007)
Il ne dure qu’une trentaine de secondes, mais résume, le temps d’une longue chute animée au milieu des corps de pin-up, des slogans et des verres de whisky, tout l’esprit de la série. Récompensé par un Emmy Award en 2008, le générique de Mad Men devait être tourné en prise de vues réelles jusqu’à ce que ses concepteurs repensent au milieu dans lequel évolue Don Draper, la pub, et décident d’en faire une œuvre graphique. Comme disait l’autre, l’important n’est pas la chute, c’est l’atterrissage.
Game of Thrones (2011)
Imaginé par Angus Wall, créateur pour HBO du générique de Rome, d’ailleurs récompensé d’un Oscar pour celui de The Social Network, le générique de Game of Thrones propose le survol en 3D d’une carte animée par des systèmes de machinerie, inspirés de l’horlogerie et des inventions de Léonard de Vinci. Renouvelé à chaque épisode, il s’adapte aux événements, permettant de visualiser la topographie de la série et d’en exposer les enjeux narratifs. Culte.