Critique | Cinéma

Lucy Boynton, lumière du thriller Netflix The Pale Blue Eye

3,5 / 5
Lucy Boynton, nouvel espoir du cinéma anglo-saxon. © NETFLIX
3,5 / 5

Titre - The Pale Blue Eye

Genre - Thriller

Réalisateur-trice - Scott Cooper

Casting - Avec Christian Bale, Harry Melling, Lucy Boynton

Sortie - Disponible sur Netflix

Durée - 2 h 08

Nicolas Clément
Nicolas Clément Journaliste cinéma

Lucy Boynton brille aux côtés de Christian Bale, Gillian Anderson ou encore Charlotte Gainsbourg dans The Pale Blue Eye, élégant thriller gothique disponible sur Netflix. Présentations.

C’est la comédienne anglo-saxonne qui monte, qui monte, qui monte… En 2016, on découvrait Lucy Boynton en ado rebelle aux rêves brûlants de célébrité dans Sing Street, énergique comédie sociale à très forte coloration musicale située dans le Dublin des années 80. Depuis, l’actrice britannico-américaine est partout. Au cinéma: en comtesse chez Kenneth Branagh dans Le Crime de l’Orient-Express, en prisonnière d’une secte religieuse dans Apostle de Gareth Evans ou en improbable compagne de Freddie Mercury dans Bohemian Rhapsody, film sur le tournage duquel elle a rencontré l’amour de sa vie, le comédien américain Rami Malek… Mais aussi côté séries: en toxicomane dans Gypsy sur Netflix aux côtés de Naomi Watts, en ambitieuse méchante de service dans The Politician de Ryan Murphy, en agent double dans la minisérie d’espionnage rétro The Ipcress File ou encore en détective improvisée dans l’adaptation d’Agatha Christie Why Didn’t They Ask Evans?

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De tous ces personnages s’accumulant des deux côtés de l’Atlantique se dégagent assurément quelques tendances, dont un goût particulièrement prononcé pour les rôles en costumes dans des fictions résolument tournées vers le passé. C’était déjà le cas dès 2006 pour ses débuts, à 11 ans seulement, dans Miss Potter, long métrage situé à l’époque victorienne dans lequel elle incarnait la version jeune de la célèbre illustratrice et écrivaine Beatrix Potter (interprétée à l’âge adulte par Renée Zellweger). D’aussi loin qu’elle se souvienne, Lucy Boynton a en tout cas toujours rêvé d’être une actrice professionnelle et s’est toujours donné les moyens pour y parvenir. Rencontrée à Deauville en septembre dernier, où le Festival du Cinéma Américain l’honorait de son prix Nouvel Hollywood, elle racontait ainsi: “Mes parents étant tous les deux journalistes et écrivains, je vivais constamment entourée de livres. Il y avait des étagères remplies de bouquins partout dans la maison et je crois que c’est ce qui a excité très tôt mon imagination. J’avais envie d’incarner par le jeu toutes ces histoires, toutes ces situations et ces émotions que contenaient les livres. Et je considère d’ailleurs encore aujourd’hui mon jeu d’actrice comme une espèce de prolongement de l’expérience de la lecture. Puis, au milieu de tous ces livres, il y a un film qui a eu un impact décisif sur moi quand j’ai commencé à faire du cinéma: My Girl, avec Macaulay Culkin et Anna Chlumsky. Anna Chlumsky avait 11 ans quand elle l’a tourné, le même âge que moi à mes débuts donc, et j’ai toujours été stupéfiée par sa performance dans ce film. Je sentais que c’était quelque chose d’assez incroyable d’avoir la maturité de transmettre des émotions aussi fortes à un si jeune âge, et ça m’a toujours beaucoup inspirée. Je regardais ce film en boucle en espérant être capable, un jour, moi aussi de susciter des sentiments aussi puissants.

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Fleur du mal

Cette année, on aurait dû voir Lucy Boynton en Marianne Faithfull dans un ambitieux biopic consacré à l’immense chanteuse britannique. Mais une certaine pandémie en a décidé autrement, freinant d’abord le projet puis l’amenant finalement sur d’autres rails créatifs, ce qui a poussé la jeune actrice à quitter le navire, la mort dans l’âme. 2023 n’en démarre pas moins sur les chapeaux de roue pour elle, puisqu’avant de la découvrir en Marie-Antoinette dans le Chevalier de Stephen Williams, on l’apprécie aujourd’hui en vénéneuse fleur du mal souffrant d’épilepsie dans The Pale Blue Eye sur Netflix.

Réalisé avec un séduisant classicisme à l’ancienne par le toujours très élégant Scott Cooper (Black Mass, Hostiles), le film imagine, dans les frimas d’un West Point esthétisé de la première moitié du XIXe siècle, la rencontre entre un détective chevronné (Christian Bale) et un tout jeune Edgar Allan Poe (Harry Melling) sur fond de meurtres mystérieux mêlant vengeance aveugle et sciences occultes. Une œuvre au romantisme ténébreux teinté d’horreur gothique sur laquelle plane indéniablement l’ombre poétique de l’auteur du Corbeau et du Cœur révélateur.

Augustus Landor (Christian Bale) mène l’enquête en compagnie d’un jeune Edgar Allan Poe (Harry Melling) dans The Pale Blue Eye. © NETFLIX

C’était vraiment une expérience fantastique, s’enthousiasme Lucy Boynton. Scott Cooper a une façon très particulière de diriger ses comédiens. Il est très sensible et intime dans sa manière d’aborder le jeu. Ce projet occupe son esprit et celui de Christian Bale depuis une bonne dizaine d’années déjà, ils sont très passionnés à son propos. Quant à moi, si je me retrouve si souvent embarquée dans des projets assez sombres, c’est, je crois, parce que je suis particulièrement sensible à tous les possibles sur lesquels ouvre le cinéma de genre. Si vous prenez des films aussi emblématiques que Psychose, Rosemary’s Baby ou Shining, par exemple, je dirais que ce sont des œuvres avant tout puissantes et aventureuses. Ce ne sont pas seulement de grands films d’horreur, ce sont de grands films tout court. Mais le genre permet tout particulièrement d’explorer des choses très complexes. Aucune problématique ne lui résiste. Il suffit encore de regarder les films de Jordan Peele aujourd’hui: ils peuvent se permettre d’être à la fois hyper cinématiques et vraiment très profonds. C’est, je pense, ce grand mix vraiment unique qui m’attire vers le cinéma d’horreur.

Et la comédienne de prolonger sa réflexion en explicitant sa passion pour les costumes: “Pour ce genre de film, rien que le fait d’enfiler le costume, de passer au maquillage, aide à sortir de soi et à entrer dans la peau du personnage. Le costume vous éloigne immédiatement de votre vie de tous les jours, il vous amène à respirer différemment et entraîne immanquablement une certaine façon de se tenir, de s’exprimer, de se déplacer… C’est ce qui fait aussi que j’aime beaucoup les films d’époque, ils permettent une totale déconnexion avec le présent.

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