Critique | Musique

Iggy Pop sort un très inégal « Every Loser »

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© DR
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Album - Every Loser

Artiste - Iggy Pop

Genre - Rock

Label - Warner Music

Critique - Julien Broquet

Julien Broquet
Julien Broquet Journaliste musique et télé

Toujours debout, l’Iggy Pop sort un album très inégal, qui permettra surtout de retourner le voir en concert…

Il faudra un grand gâteau pour y planter toutes les bougies. Le rock’n’roll et les excès l’ont plutôt bien conservé. Le 21 avril, James Newell Osterberg Jr. fêtera ni plus ni moins que ses 76 ans. À un âge avancé où certains circulent en fauteuil roulant, marchent à l’aide d’une tribune et bavent dans leur assiette à la cantine de la maison de retraite, lggy continue d’enregistrer des disques, de donner des concerts enflammés et de partager ses trouvailles dans sa hautement recommandable émission de radio Iggy Confidential sur BBC6.

Après une traversée discographique du désert (Beat Em Up, Skull Ring, l’inutile disque de reprises Après qui le voyait revisiter Joe Dassin, Georges Brassens et Henri Salvador…), l’Iguane avait relevé la tête. Il enchaînaît avec son meilleur album depuis Avenue B, Post Pop Depression, enregistré avec Josh Homme et le batteur des Arctic Monkeys, et un disque, Free, dépouillé et plus parlé que chanté sur lequel il lisait du Dylan Thomas et du Lou Reed.

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Le 19e album solo d’Iggy Pop n’est pas aussi convaincant que ses deux prédécesseurs et laisse même relativement perplexe. Après s’être assagi, être sorti du cadre rock et avoir organisé une tournée pour un public assis (même s’il ne le restait pas bien longtemps), la bête de scène a eu à nouveau besoin de bruit. Électrique, Every Loser n’est pas pour autant un grand Iggy. Déjà parce qu’il s’ouvre avec Frenzy, un morceau lourdaud de stadium rock au son très californien. Pour le comprendre, il faut remonter à l’étrange genèse de ce disque. Lorsque ce vieux réac de Morrissey invite Iggy à venir chanter sur l’une de ses chansons (pas encore dévoilée, son album vient d’ailleurs d’être encore reporté), il l’introduit auprès du producteur Andrew Watt (Miley Cyrus, Justin Bieber, Eddie Vedder…). Et il faut bien dire que le son d’Every Loser ne joue pas en sa faveur.

© National

Every Loser est un disque pseudo- moderne de vieux combattants. Moins vieux qu’Iggy, mais dépassés quand même. Alors oui, le casting en jette. Mais la plupart des invités n’ont eux-mêmes plus rien sorti de correct depuis des plombes. Dans la longue liste des guests, on retrouve ainsi la garde plus ou moins rapprochée des Red Hot Chili Peppers: Chad Smith, Josh Klinghoffer, Dave Navarro. Mais aussi Duff McKagan de Guns N’ Roses, Eric Avery (ex-Jane’s Addiction), Travis Barker de Blink-182 (ça s’entend sur Neo Punk), Stone Gossard de Pearl Jam et feu Taylor Hawkins des Foo Fighters. Il y a quelques titres plus solides que les autres, comme le stoogien All the Way Down, mais l’affaire part dans tous les sens. Strung Out Johnny renvoie à la new wave, évoque Depeche Mode et The Cure. Morning Show se la joue plus crooner. Un disque dispensable, mais qui ne devrait pas traîner à ramener l’Iguane sur nos routes.

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