Travaillant dans l'indifférence quasi générale jusqu'à la sortie, en 1964, de La Bâtarde, grosse secousse dans le monde de l'édition, Violette Leduc aura connu la reconnaissance sur le tard. La faute à une écriture sulfureuse, probablement trop honnête pour son époque. "Si on entreprend une biographie, il faut y aller à fond", justifie ainsi la protégée de Simone de Beauvoir dans l'un des morceaux d'interviews compilés par Esther Hoffenberg. Laquelle, donnant la parole à des exégètes de l'oeuvre ainsi qu'à plusieurs témoins de l'époque (notamment Claude Lanzmann), tout en piquant ça et là son film d'extraits de livres, nous éclaire sur une époque autant que sur un personnage. Une époque où les écrits de Jean Genet pouvaient, à la limite, être publiés quand ceux de Violette Leduc, imprégnés d'amours lesbiens et/ou très détaillés, étaient fauchés par la censure. A découvrir donc.

  • DOCUMENTAIRE D'ESTHER HOFFENBERG.
  • Ce mercredi 12 mars à 22h45 sur Arte.
Travaillant dans l'indifférence quasi générale jusqu'à la sortie, en 1964, de La Bâtarde, grosse secousse dans le monde de l'édition, Violette Leduc aura connu la reconnaissance sur le tard. La faute à une écriture sulfureuse, probablement trop honnête pour son époque. "Si on entreprend une biographie, il faut y aller à fond", justifie ainsi la protégée de Simone de Beauvoir dans l'un des morceaux d'interviews compilés par Esther Hoffenberg. Laquelle, donnant la parole à des exégètes de l'oeuvre ainsi qu'à plusieurs témoins de l'époque (notamment Claude Lanzmann), tout en piquant ça et là son film d'extraits de livres, nous éclaire sur une époque autant que sur un personnage. Une époque où les écrits de Jean Genet pouvaient, à la limite, être publiés quand ceux de Violette Leduc, imprégnés d'amours lesbiens et/ou très détaillés, étaient fauchés par la censure. A découvrir donc.