Tout comme Dumas, le néo-Hennuyer est flanqué d'un accompagnateur en la personne du dessinateur Mathieu Sapin, qui consigne dans de jolis croquis les faits saillants du voyage. De leur complicité naît l'une des forces de ce documentaire: Depardieu, volubile et gargantuesque, prend toute la place, alors que Mathieu Sapin, timide et tout petit, a le charisme d'un séchoir à linge plié dans un débarras. Le décalage est particulièrement savoureux, tant on a l'impression de voir un enfant accompagner un adulte, notamment quand, apeuré par la proximité des précipices jalonnant les incertaines routes de montagne, Sapin se fait rassurer par un Depardieu à la fois roublard et paternel. Un Depardieu qui se raconte, çà et là (son adolescence notamment, quand il arrêta de parler pendant deux ans), philosophe, évoque son parcours entre deux villes, se lance dans des discours sur cet ogre de Dumas qui lui ressemble tant, fait mine de comprendre ou comprend (avec lui, tout est possible) les différents guides qui lui parlent dans la langue locale. Il en résulte une petite bulle de voyage particulièrement savoureuse, qui se laisse apprivoiser par petites touches et donne envie de goûter à ce qu'ils goûtent, d'écouter ce qu'ils écoutent ou de dessiner ce qu'ils dessinent. Sacré Depardieu tout de même, monstre de charisme complètement imprévisible, mangeur de vie qui reste et restera, même s'il se dévoile un peu dans ce documentaire enthousiasmant, un gros mystère. En ce qui nous concerne, du moins.

DOCUMENTAIRE DE STÉPHANE BERGOUHNIOUX ET JEAN-PIERRE DEVILLERS.

Ce dimanche à 22h25 sur Arte.

Tout comme Dumas, le néo-Hennuyer est flanqué d'un accompagnateur en la personne du dessinateur Mathieu Sapin, qui consigne dans de jolis croquis les faits saillants du voyage. De leur complicité naît l'une des forces de ce documentaire: Depardieu, volubile et gargantuesque, prend toute la place, alors que Mathieu Sapin, timide et tout petit, a le charisme d'un séchoir à linge plié dans un débarras. Le décalage est particulièrement savoureux, tant on a l'impression de voir un enfant accompagner un adulte, notamment quand, apeuré par la proximité des précipices jalonnant les incertaines routes de montagne, Sapin se fait rassurer par un Depardieu à la fois roublard et paternel. Un Depardieu qui se raconte, çà et là (son adolescence notamment, quand il arrêta de parler pendant deux ans), philosophe, évoque son parcours entre deux villes, se lance dans des discours sur cet ogre de Dumas qui lui ressemble tant, fait mine de comprendre ou comprend (avec lui, tout est possible) les différents guides qui lui parlent dans la langue locale. Il en résulte une petite bulle de voyage particulièrement savoureuse, qui se laisse apprivoiser par petites touches et donne envie de goûter à ce qu'ils goûtent, d'écouter ce qu'ils écoutent ou de dessiner ce qu'ils dessinent. Sacré Depardieu tout de même, monstre de charisme complètement imprévisible, mangeur de vie qui reste et restera, même s'il se dévoile un peu dans ce documentaire enthousiasmant, un gros mystère. En ce qui nous concerne, du moins. DOCUMENTAIRE DE STÉPHANE BERGOUHNIOUX ET JEAN-PIERRE DEVILLERS.Ce dimanche à 22h25 sur Arte.