Victimes collatérales des conflits armés selon ceux qui aiment se mettre la tête dans un sac ou récompenses de leur hiérarchie aux soldats conquérants, les femmes sont encore et toujours au XXIe siècle un butin de guerre. Abus sexuels, massacres sauvages... Leur corps est devenu un champ de bataille et le viol (qui touche aussi les hommes) une arme de destruction massive. Fouillé, nécessaire et jamais manichéen, le documentaire de Danièle Alet enquête sur les tortures sexuelles en temps de guerre. Il raconte les 100.000 à 200.000 esclaves sexuelles souvent très jeunes de l'armée japonaise présentées par les autorités comme des prostituées (un mensonge d'État). Il détaille le viol avec objectif de nettoyage ethnique qui a fait entre 20.000 et 30.000 victimes en Bosnie... Mais il évoque aussi les Berlinoises violées en 1945 par les soldats alliés et les massacres du corps expéditionnaire français en Italie. Car oui, les héros libérateurs ont parfois aussi été les auteurs d'ignominies. Alimenté par des anthropologues, chargé de recherche, historien, médecin (le valeureux docteur Denis Mukwege), 70 ans d'histoire d'une arme taboue décode ces actes scandaleux. Eux qui maintiennent la cohésion entre les soldats en en faisant des complices. Eux qui désagrègent aussi les communautés, les femmes abusées étant généralement rejetées, abandonnées par leurs maris quand ils reviennent du front. De la permissivité des autorités militaires aux bataillons de violeurs atteints du sida que le gouvernement envoyait en mission: un docu terrifiant.