Il mûrissait l'idée depuis plus de dix ans. Quelques mois seulement après la sortie de Vinyl, portrait en dix épisodes par Mick Jagger et Martin Scorsese d'un label et de son patron dans le milieu du rock et le New York des années 70, Baz Luhrmann se penche dans sa première série sur l'éclosion du hip hop. Un art du collage dont le bombastique réalisateur australien se sent proche avec son cinéma (ça se comprend), mais qui débouche ici sur une fiction aussi tape-à-l'oeil que niaise, "fake" et indigeste.

The Get Down, dont la moitié de la première saison (6 x 1 heure) débarquait ce 12 août sur Netflix, se promène dans les décombres du South Bronx où il suit les aventures d'une bande de gosses aux origines modestes et aux rêves de célébrité. D'un côté, il y a Ezekiel, qui se découvre des talents de poète à l'école et va craquer sur le rap encore naissant. De l'autre, il y a celle qu'il convoite: sa pote Mylene qui veut devenir chanteuse mais se heurte à une famille religieuse et à un père sévère pas vraiment du genre à porter les pattes d'éph' et à danser sur Kool and the Gang.

Ecoeurante mixture, The Get Down ressemble à un feuilleton Disney Channel pour jeunes adolescentes croisé à un film de Yamakasi et mélangé à tout ce qu'il peut y avoir de pire dans le cinéma de Luhrmann -le bling-bling kitsch, le jeu théâtral... Sa griffe superficielle et clinquante dans ce qu'elle a de plus faux. Oui, Baz peut avec succès revisiter Shakespeare et raconter Gatsby le magnifique, mais son exubérance visuelle se prête mal à un courant musical né dans le ghetto. Impossible de ne pas rager devant cette rencontre improbable entre Violetta et Grandmaster Flash dans le casting duquel s'est glissé Jaden Smith, le fils du prince de Bel-Air. Une grosse déception pour un projet qu'on aurait préféré voir dans les mains d'un Spike Lee.

SÉRIE NETFLIX CRÉÉE PAR BAZ LUHRMANN. AVEC SHAMEIK MOORE, JUSTICE SMITH, HERIZEN GUARDIOLA. **

Il mûrissait l'idée depuis plus de dix ans. Quelques mois seulement après la sortie de Vinyl, portrait en dix épisodes par Mick Jagger et Martin Scorsese d'un label et de son patron dans le milieu du rock et le New York des années 70, Baz Luhrmann se penche dans sa première série sur l'éclosion du hip hop. Un art du collage dont le bombastique réalisateur australien se sent proche avec son cinéma (ça se comprend), mais qui débouche ici sur une fiction aussi tape-à-l'oeil que niaise, "fake" et indigeste. The Get Down, dont la moitié de la première saison (6 x 1 heure) débarquait ce 12 août sur Netflix, se promène dans les décombres du South Bronx où il suit les aventures d'une bande de gosses aux origines modestes et aux rêves de célébrité. D'un côté, il y a Ezekiel, qui se découvre des talents de poète à l'école et va craquer sur le rap encore naissant. De l'autre, il y a celle qu'il convoite: sa pote Mylene qui veut devenir chanteuse mais se heurte à une famille religieuse et à un père sévère pas vraiment du genre à porter les pattes d'éph' et à danser sur Kool and the Gang. Ecoeurante mixture, The Get Down ressemble à un feuilleton Disney Channel pour jeunes adolescentes croisé à un film de Yamakasi et mélangé à tout ce qu'il peut y avoir de pire dans le cinéma de Luhrmann -le bling-bling kitsch, le jeu théâtral... Sa griffe superficielle et clinquante dans ce qu'elle a de plus faux. Oui, Baz peut avec succès revisiter Shakespeare et raconter Gatsby le magnifique, mais son exubérance visuelle se prête mal à un courant musical né dans le ghetto. Impossible de ne pas rager devant cette rencontre improbable entre Violetta et Grandmaster Flash dans le casting duquel s'est glissé Jaden Smith, le fils du prince de Bel-Air. Une grosse déception pour un projet qu'on aurait préféré voir dans les mains d'un Spike Lee.