Germinal
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Présentée en ses terres historiques en exclusivité au Festival Séries Mania de Lille, la nouvelle adaptation du grand roman d'Émile Zola porte les espoirs d'un renouveau de la fiction télé française. Il revient au jeune Louis Peres d'incarner le rôle de Lantier, tenu jadis par Renaud dans la version cinéma de Claude Berri. Un pari à tenir durant six épisodes d'une fresque qui s'annonce plus sombre, longue et sinueuse, plus proche sans doute de cette oeuvre politique et naturaliste d'une puissance rarement égalée. Après le succès de BeTipul (In Treatment), multiadapté, et The Affair, Hagai Levi revient pour HBO en endossant lui-même le rôle de l'adaptateur: il entreprend une audacieuse relecture de Scènes de la vie conjugale (Ingmar Bergman, 1973). Oscar Isaacs et Jessica Chastain, qui reprennent les rôles de Erland Josephson et Liv Ullmann, se retrouvent (après A Most Violent Year) dans cette analyse au micropoil du couple moderne, de ses vertigineux malentendus, de ses contentieux larvés et de sa violence symbolique. L'adaptation -très libre- de la saga SF culte de Isaac Asimov est sans doute la série la plus attendue de la rentrée, catégorie poids lourds. Les premières images laissent entrevoir un bombardement d'effets spéciaux et une grande geste épique. Publiée initialement sous forme nouvelles entre les années 40 et 50, l'oeuvre d'Asimov a longtemps été réputée inadaptable en raison de sa longueur et de sa complexité. Ramené à une version plus digeste, le récit signé David S. Goyer (scénariste de la trilogie The Dark Knight), porté par une flopée d'acteurs prestigieux, entrelace plusieurs trames narratives sur fond d'empire galactique sur le déclin et de luttes pour la survie de la race humaine, questionnant la pérennité de la science et le principe même de civilisation. Après sa somptueuse série Il Miracolo en 2019, Niccolò Ammaniti poursuit sa collaboration avec Arte en adaptant son roman Anna, un récit post-apocalyptique qui conserve du précédent exploit télé de cet auteur sa puissance évocatrice et poétique. Il suit le périple d'une jeune fille à la recherche d'un frère kidnappé, à travers un monde ravagé par une épidémie. Gageons qu'Ammaniti aura trouvé les mots et les images pour offrir un peu de sens et d'espérance à sa vision de notre époque tourmentée. En attendant sa diffusion officielle en Belgique, la troisième saison de la série anthologique American Crime Story mérite qu'on s'y arrête ici. Dans un contexte qui suit de près les révélations sur Jeffrey Epstein et la fin de l'ère Trump, une nouvelle lecture de la mal nommée "affaire Lewinsky" ne peut qu'être du plus grand intérêt, surtout sous l'oeil et la patte visuelle léchée de Ryan Murphy. Il y sera établi comment Monica Lewinsky, notamment, a été dépouillée de son propre récit des évènements, jusqu'à dissoudre sa crédibilité et son identité dans le déshonneur.