Louise (Simona Brown) mène une vie de secrétaire médicale et de mère célibataire péniblement normale, hantée par des cauchemars récurrents, des terreurs nocturnes et un somnambulisme aux réveils fracassants. Un soir, elle se laisse séduire dans un bar par un bel inconnu au regard de cocker triste, qui disparaît brusquement après les prémices d'un baiser et de pâles excuses balbutiées. La situation serait tristement banale si elle ne découvrait dès le lendemain que cet homme n'est autre que David (Tom Bateman), le nouveau directeur du cent...

Louise (Simona Brown) mène une vie de secrétaire médicale et de mère célibataire péniblement normale, hantée par des cauchemars récurrents, des terreurs nocturnes et un somnambulisme aux réveils fracassants. Un soir, elle se laisse séduire dans un bar par un bel inconnu au regard de cocker triste, qui disparaît brusquement après les prémices d'un baiser et de pâles excuses balbutiées. La situation serait tristement banale si elle ne découvrait dès le lendemain que cet homme n'est autre que David (Tom Bateman), le nouveau directeur du centre psychiatrique qui l'emploie. La situation n'étant visiblement pas encore assez tendue pour Louise, elle se lie d'amitié avec la femme de celui-ci, Adèle (Eve Hewson). À ce stade, le spectateur sait déjà qu'Adèle et David forment un couple plus proche de Gone Girl que de This Is Us. Adèle passe ses journées entre le lit et la salle de sport et semble couver un horrible secret que son époux oeuvre à étouffer à coups de pilules et de strict contrôle téléphonique. à mesure que Louise va entrer dans l'intimité du couple, surtout celle de son joli patron, les duplicités vont se faire plus évidentes et ses cauchemars côtoyer les tout aussi mystérieux songes d'Adèle. Dans de désormais obligatoires séquences de flash-back, on apprend qu'Adèle était patiente d'un hôpital psychiatrique, où elle soignait un incendiaire traumatisme et se confiait à un étrange personnage, Rob (Robert Arramayo), junkie au comportement borderline et adepte du voyage astral. Le lien entre les deux temporalités encourage le récit à se nouer autour du secret, des faux-semblants, du jeu de masques et du surnaturel, intensifiant à partir du troisième épisode les retournements jusqu'à un éclatement final abracadabrantesque, qui met en scène une duplicité lourde de présupposés. La série laisse longtemps planer le doute sur ses intentions: vrai-faux ménage à trois? Néo-noir psychologique? Drame à l'eau de rose? Fable onirique et surnaturelle? Thriller érotique ou horrifique? La versatilité des scénaristes Steve Lightfoot (Hannibal, The Punisher de Marvel) et Angela LaManna (The Haunting of Bly Manor), qui ont adapté le best-seller de Sarah Pinborough, n'y est par pour rien. Dans ce spectre large et hésitant résident sans doute, en partie, les raisons du succès fulgurant de Mon amie Adèle: chacun peut se projeter à loisir dans une ou plusieurs facettes de ce récit fractionné, ou encore dans des personnages aux caractéristiques et quêtes personnelles suffisamment parcellaires et peu profondes pour y loger ses émotions du moment.